Materialists, réalisé par Celine Song, se présente comme une satire contemporaine des relations amoureuses à l’ère du capitalisme affectif.
Formellement, le film est indéniablement réussi : images léchées, mise en scène élégante, tout concourt à en faire un objet attractif. Mais c’est précisément là que le bât blesse, avec une contradiction constante entre la volonté de dénoncer une vision matérialiste de l’amour et le fait d’en épouser tous les codes, jusque dans son casting cinq étoiles. Dakota Johnson et Chris Evans peinent à réellement incarner leurs personnages, laissant une émotion distante, heureusement contrebalancée par la prestation de Pedro Pascal. La métaphore des relations comme contrats marchands, martelée sans subtilité, finit par alourdir un ensemble déjà marqué par une ambiance froide.
Je conseillerais donc Materialists davantage pour son enveloppe que pour ce qu’il raconte, car l’émotion que le film suscite reste surtout intellectuelle, rarement touchante.