Lucie est une entremetteuse professionnelle: maîtrisant le marché du dating comme personne, elle fait payer cher ses services au sein de la société Adora, qui garantit à ses client(s) de leur trouver le match parfait. Pendant un mariage, fruit de son travail, elle rencontre à la table des célibataires Harry, véritable "licorne", c'est-à-dire avec une valorisation exceptionnelle sur le marché du célibat, ainsi que son ex John, qu'elle a quitté pour son manque d'argent.
Avec un trait d'esprit mordant et ironique, Materialists brode tout un récit autour de l'industrie du dating, et démontre les logiques capitalistes de marchandisation outrancières auxquelles se soumet notre société. Les individus sont mesurés, classés, catégorisés et valorisés sur un marché du dating redoutable, qui voue un culte aux traits physiques.
Un monde superficiel, qui répond aux injonctions de la société et à notre désir de nous sentir valorisés par l'autre, à défaut d'éprouver de l'amour pour l'autre. Et qui pousse à la chirurgie plasticique plus ou moins légère, allant jusqu'aux opérations d'augmentation de la taille (majoritairement pour les hommes).
Célibat, dating, mariage: le film propose une lecture contemporaine de ses grands thèmes. Il ne manque pas de faire une place aux violences sexistes et sexuelles. Le film a la prétention de soulever aussi des interrogations d'ordre anthropologique, puisqu'on notera que le film commence et se termine par une scène coquasse, mettant en scène le premier mariage entre un homme et une femme des cavernes. Ceci n'est pas sans rappeler le prénom choisi pour la personnage principale, Lucy. Sous couvert de sa critique sévère de l'industrie du dating, le film ne présente que des personnages objectivement (subjectivement?) beaux, qui collent au canon de beauté de la société. En tant que contrepoint de ce système, la réponse du film semble un peu légère. De plus, il reste ainsi profondément romantique, puisqu'il fait triompher l'amour, comme facteur inconditionnel, qui brise toute loi du marché.