Lorsqu'on regarde un film de Tanaka, on ne peut que remarquer son ultra modernité aussi bien dans la thématique développée que dans le traitement du sujet.
Ici, plusieurs idées se télescopent et se rejoignent afin de mettre en lumière les différents enjeux de la condition féminine.
Tanaka procède par étapes. Ainsi, tout commence par une femme délaissée et trompée qui finit par
divorcer. Loin de tomber dans la déprime ou de souffrir de l'opprobre, elle continue sa vie de mère et de poétesse. Et bien qu'elle soit tiraillée entre les injonctions au remariage et une volonté d'émancipation, elle ne se laisse pas influencer par les valeurs conventionnelles.
Étape deux: la maladie. Tanaka traite le cancer du sein avec émotion et froideur. Émotion car elle le relie aux sentiments négatifs éprouvés et éprouvants. Froideur dans la façon dont elle nous fait assister pas à pas à l'intervention chirurgicale ponctuée d'une musique glaciale et sans aucune parole prononcée.
Étape trois: la fin de vie. La poétesse est irrésistiblement attirée par sa propre mort et se laisse aller petit à petit entre folie naissante, volonté de provoquer et acceptation. Même si la raison finit par l'emporter comme dans tout bon film classique, il n'en reste pas moins un personnage à la fois touchant de pathétique et enthousiasmant de rébellion non face à la mort mais face à ceux qui, dégoulinants de compassion, se pressent auprès d'elle pour en faire un objet d'adoration morbide.
Un film à regarder avec son œil d'aujourd'hui parce qu'il aurait pu y être tourné.