Et c'est donc parti pour découvrir la cité évoquée dans The Matrix, Zion, peuplée des derniers humains libres d'une Terre asservie par les machines. On compte sur Neo pour nous tirer d'embarras et empêcher sa destruction, mais les forces adverses se multiplient : conflits d'autorité, mille-feuille hiérarchique, ennemis gigognes, programme hostile en roue libre, cauchemars récurrents (finalement, Neo a les mêmes angoisses qu'Anakin...), manipulations en tous genres, et Lambert Wilson en cabotin majuscule, et ça n'est pas le moins dur à affronter, même avec des lunettes de soleil en intérieur... On reprend donc les mêmes fondamentaux, et on complique tout : les combats contre l'inénarrable Mr. Smith prennent des proportions épiques, la moindre fiesta à Zion devient une orgie multitudinaire, les sentinelles volent en formation serrée, les explosions envahissent l'écran et les autoroutes deviennent le terrain de jeu de guerriers volants comme venus des films chinois. On peut accrocher ou pas. Personnellement, les poursuites, j'ai du mal. Et le baratin mystico-révolutionnaire s'épaissit au point de devenir opaque, mais je sais vers quoi on s'achemine, alors ça mérite de s'accrocher. Et puis tout n'est pas à jeter : il y a quand même quelques surprises plutôt bienvenues, des rebondissements pas indignes, et les nouveaux personnages ajoutent tous leur touche personnelle, même si elle n'est pas franchement stupéfiante. Mais bon, les effets spéciaux montent en puissance et l'histoire se complexifie, alors ça occupe pas mal la tête et les yeux, et, après tout, le cinéma, c'est aussi fait pour ça...