MAX ET LES FERRAILLEURS nous plonge dans la psyché d'un inspecteur de police pas comme les autres. Claude Sautet fait de son film noir à la mise en scène implacable un portrait authentique des fêlures humaines.
La police est dans une impasse : elle ne parvient pas à capturer des criminels et arrive toujours trop tard. Max est dégouté d'être incapable d'intervenir à temps et de dissuader les criminels. On apprendra que Max est en effet un homme profondément déçu par la justice et que sa conception en est par conséquent totalement biaisée. Une obsession du "flagrant délit" naîtra en lui et il se verra obligé de vaincre le mal par le mal s'il veut agir dans l'intérêt général (ou pour répondre à sa propre vision de la justice ?) Le scénario s'avère une intéressante dissection des obsessions et des actions déraisonnables pour les atteindre. Piccoli est d'un charisme froid et carnassier, il est calme et impitoyable. Pourtant, des failles, des craquelures affectives apparaîtront et feront de Max un personnage romanesque et touchant. Tout cela grâce à Lily. C'est à ce titre un personnage finement écrit et Romy Schneider l'interprète avec un naturel confondant. Leur relation met en lumière avec justesse les sentiments complexes de l'humain et ce jusqu'au final. Emotionnellement fort, il rappelle les conséquences d'une obsession et des sacrifices nécessaires pour que justice soit faite. En témoigne les merveilleux échanges, presque abstrait mais d'une terrible vérité dans leurs non-dits, entre Max et Lily.
Sautet, avec MAX ET LES FERRAILLEURS, nous livre un drame psychologique où deux êtres perdus se retrouveront dans un mensonge faisant apparaître la réalité de leurs personnes.