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le 4 mars 2014
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Stephen King est réputé pour ses bouquins et nombreux furent adaptés au cinéma. On a eu des perles telles "Shining" (Stanley Kubrick), "Carrie au bal du diable" (Brian De Palma), "Christine" (John...
Stephen King est un immense romancier qui n’a plus rien à prouver et a déjà créé une œuvre gigantesque dans laquelle les cinéastes n’ont pas fini de piocher grâce à son talent à jouer avec nos peurs les plus viscérales. Et reconnaissons qu’il a été plutôt bien traité, que ce soit Stanley Kubrick (« Shining »), Rob Reiner (« Misery »), Brian de Palma (« Carrie au bal du diable ») ou encore David Cronenberg avec « Dead Zone ». Autant de réalisateurs brillants qui ont réussi à transposer l’œuvre littéraire à l’écran. Mais voilà, poussé par le producteur Dino de Laurentiis (toujours avide d’un bon coup marketing qui rapporte des dollars), Stephen King décide d’adapter lui-même une de ses nouvelles de 1978 et d’en assurer la réalisation. Il s’était toujours dit très critique vis-à-vis du travail, pourtant fabuleux, que Kubrick avait fait avec son roman en 1980. Il a depuis été bien plus mesuré. Le problème est que si King est un (très) grand romancier, il n’est pas un réalisateur. Lui pourtant le pensait à l’époque avec un aplomb qui frise un terrible melon : « Vu ce que les autres ont fait de mes romans, à commencer par Kubrick, je peux au-moins faire aussi bien ! »…Eh bien, non, le cinéma ne marche pas ainsi. L’idée de départ était amusante mais ça ne suffit pas à faire un bon film.
Les machines sur Terre prennent le contrôle et se révoltent contre les humains. Ca aurait été bien mieux qu'il ne nous donne aucune explication à ça, tellement elle est vaseuse. Toutes les machines, que ce soit les tondeuses à gazon, les couteaux électriques, flippers ou plus gênant encore, les véhicules, voitures, camions et même avions ! Un groupe d’humains est réfugié dans une station-service/diner et se retrouve assailli par des hordes de camions qui n’ont qu’une idée : exterminer le genre humain, quel que soit l’âge ou le sexe. Ce qui nous donne quelques idées amusantes comme le distributeur de cannettes situé à côté du terrain de base-ball qui se met à canarder tout le monde avec ses cannettes de soda, tuant le capitaine de l’équipe au passage et assommant pas mal de gamins qui se trouvaient au mauvais endroit ! Ou encore la serveuse qui se sert du couteau électrique et se dernier lui entaille le poignet ; une fois au sol, il continue de lui découper le pied ! Malheureusement, étirer une simple nouvelle sur 1h40, ça ne fonctionne pas, les longueurs s’installent, l’ennui aussi. La réalisation est très plate, sans les idées visuelles géniales qu’un Kubrick ou un Cronenberg aurait pu apporter. King pose sa caméra et allons-y…Ajoutons à cela qu’il était à cette époque dans un état lamentable, à la fois alcoolique (il commençait à écluser les bières dès la 1ère réunion du matin…) mais aussi camé jusqu’à la moëlle, lourdement accro à la cocaïne. Il l’a lui-même reconnu, il était HS la plupart du temps. L’équipe racontait qu’il lui arrivait très souvent de s’endormir sur le tournage. Ça n’aide évidemment pas à garder le sens des réalités…
Enfin, le tournage a eu lieu en Italie (coûts de production obligent…) avec une équipe technique qui parlait peu (ou pas) anglais, un casting assez médiocre dont un tout jeune Emilio Estevez dans le rôle principal. King, lui, aurait bien vu Bruce Springsteen !!! L’échec est tel qu’il faudra quelques années à Estevez pour s’en remettre et King laissera définitivement tomber la réalisation, prenant enfin conscience de ses limites. Le film n’a même pas amorti son budget de 9 millions de dollars. Et si le meilleur là-dedans était la musique signée AC⚡DC ? Le groupe d’Angus Young ne livre que trois nouveaux titres pour cette B.O., le reste étant constitué d’anciens, mais entendre « Hells Bells » alors qu’ils remplissent les cuves des camions d’essence fait toujours du bien aux cages à miel. Pour le reste, c’est le calme plat, même les tentatives d’humour sont lourdingues (les jeunes mariés poursuivis par les camions…). Stephen est retourné à sa machine à écrire et c’est tant mieux comme ça.
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