Dans la collection macabre du rejet et de la désillusion, la psyché se fissure et le regard sur soi se brise dans les éclats du verre.
May est une jeune femme en souffrance , objet de moqueries et de rejet dans ses amitiés ou amours, elle se vit plus ou moins comme un "monstre" parce que personne ne la regarde avec bienveillance. Elle semble ne pas avoir grandi car toujours coincée dans son monde enfantin ( elle est entourée de poupées) et aspire à un idéal amoureux. Elle a une telle faille narcissique qu'elle veut trouver dans les autres ce qui lui manque: elle veut être regardée, désirée , aimée Cette jeune fille timide et en difficultés relationnelles a une confidente : une mystérieuse poupée offerte par sa mère lorsqu'elle était enfant. Solitaire, elle ne rencontre que des déceptions dans ses amitiés ou amours. Elle décide de se fabriquer un ami "idéal" , un puzzle macabre.
J’ai beaucoup aimé cette histoire très macabre à la lisière du fantastique qui évoque le mythe de Frankenstein ( une créature créée de toutes pièces à partir de corps humains) . La tension du film va crescendo avec une montée dans l'atroce et le drame ( à la fin notamment ) On peut penser à Répulsion de Polanski dans cette façon d'aborder la plongée dans la schizophrénie. En lien avec la sexualité, la frustration, la difficulté à vivre et se sentir à sa place dans le monde, à nouer de vraies relations avec les autres. À partir de là, le film devient « horrifique » avec des images parfois atroces. McKee compose une atmosphère à la fois fantastique et réelle avec la solitude d'une jeune femme mal dans sa peau qui sombre dans une folie meurtrière.