McWalter est un projet qui part d’une idée séduisante : adapter un personnage YouTube qui plaît, lui donner une intrigue d’espionnage, beaucoup d’action et beaucoup d’humour absurde. L’intention est là, mais l’exécution laisse un goût mitigé.
Le scénario met en place une intrigue assez classique. McWalter, agent secret adulé, est accusé à tort d’avoir provoqué plusieurs explosions. Il doit prouver son innocence, affronter ses anciens alliés et découvrir qui tire les ficelles. L’idée n’est pas mauvaise, mais tout est très téléphoné, sans grande invention, et on devine beaucoup trop ce qui va se passer.
Pour ce qui est de la réalisation, c’est très inégal. Certaines scènes visuelles sont réussies, mais beaucoup d’autres donnent l’impression qu’on a étiré un sketch en film d’1h40 sans renouveler le souffle. Le rythme traîne souvent et les moments d’action ne parviennent pas à compenser les creux. On sent parfois que le budget ou les moyens limités pèsent, surtout dans les scènes qui auraient dû être spectaculaires.
L’humour est sûrement le point le plus clivant. Il y a des gags qui font mouche, des moments absurdes qui surprennent, mais beaucoup trop de blagues tombent à plat ou paraissent répétitives. Ce qui aurait pu être rafraîchissant finit par devenir oppressant. Le style “absurde et beauf” fonctionne quand c’est ponctuel, mais ici c’est tout le film et ça fatigue. Mister V est exagéré, parfois drôle, parfois juste trop. On peut se demander si le réalisateur aurait dû mieux doser ces excès.
Les acteurs secondaires font ce qu’ils peuvent, mais Géraldine Nakache, William Lebghil ou Vincent Dedienne sont sous-exploités. Ils essaient de donner vie aux scènes, mais l’écriture leur laisse peu de place.
En fin de compte, c’est une vraie déception. On espérait au moins un nanar savoureux, mais McWalter n’arrive pas à trouver le bon équilibre entre parodie et cinéma d’action. Il reste quelques idées sympathiques, mais l’ensemble manque d’âme et de maîtrise.