… vu "Megalopolis", le dernier opus de Francis Ford Coppola sorti en salle il y a près d'un an, et qui n'a pas eu les faveurs du public (score moyen de 4.7/10 calculé sur plus de 7000 notes sur SensCritique, score identique de 4.7/10 sur plus de 40000 notes sur IMDB). Mon avis un peu brut de "spectateur empirique" est que ce film mérite le détour. On y passe un bon moment de cinéma. On y retrouve même la soeur de Francis, "tante Connie" que nous connaissons bien depuis la trilogie du "Parrain". Coppola a voulu faire un film grand public d'une ambition sans doute excessive ("Mégalon", "Grand"), surchargé de strates (l'Empire romain, Shakespeare, la science-fiction...), qui en rendent la réception difficile. Les personnages sont excessifs, fous, monstrueux, à l'image de notre monde spectaculaire qui a sombré depuis l'avènement de la nouvelle présidence américaine et de ses épigones, dans les bas-fonds d'une mise en scène où l'impossible est devenu possible. On pourrait penser que la distance critique suggérée par le sous-titre de "fable" au film est annulée par les excès de ce qu'elle dénonce. Tout cela est possible et nous verrons bien si "Megalopolis" va rester dans les mémoires comme la dernière oeuvre ratée du grand réalisateur du "Parrain" ou "d'Apocalypse Now", ou si son message trouvera une nouvelle audience. Car le film est prenant, le récit est construit, les effets spéciaux réussis, sans être envahissants. Ce qui me rend le plus sceptique concerne les inventions de "science-fiction" un peu trop magiques à mon goût, mais qu'importe : il s'agit du matériau du nom de "megalon", inventé par l'Architecte, le personnage principal du film, avec lequel il rêve de construire une utopie, personnage doué d'un don mystérieux "d'arrêter le temps", partagé on s'en rendra compte par d'autres -- là aussi je me suis demandé si Coppola n'en faisait pas trop. Il y a des messages politiques sympathiques mais qui me paraissent brouillés par un parti pris solutionniste, techno-optimiste. Le film ne s'achève pas en dystopie, ce qui par les temps qui courent fait du bien, toutefois, le choix d'un acteur comme John Voight, dans le rôle du "banquier de l'Empire" me laisse perplexe. Je résume : Megalopolis nous propose un bon moment de détente cinéma, avec des sous-textes "propices à la réflexion".