Megamind ou le grain de sable bleu qui met en branle la fabrique à super-héros traditionnelle. La bonne idée consiste à désamorcer la linéarité convenue que laissait présager le premier acte pour basculer dans un étrange flottement où la frontière séparant gentils et méchants s’effrite à mesure que la complexité des personnages se creuse. Les retournements scénaristiques sont bien vus et apportent un peu de fraîcheur dans une production super-héroïque souvent balisée quoique déjà ébouriffée par Les Indestructibles quelques années plus tôt. Malheureusement pour Megamind, l’aspect corrosif tend à s’estomper dans un final réinvestissant les codes plutôt poussiéreux du genre : héroïne en danger, rédemption du méchant, réconciliations en pagaille etc. Il n’empêche que le métrage, pour rattraper ce travers, dispose d’une imagerie superbe qu’il déploie à grands coups d’effets visuels ahurissants. Bien qu’un peu trop systématiques. Amusante musique composée par Hans Zimmer et Lorne Balfe pourtant facilement mise en sourdine face à des chansons envahissantes, et on le regrette sincèrement. Un bon et beau film d’animation qui intrigue et divertit.