[Cette critique contient de nombreux spoilers non-dissimulés, regardez le film avant de la lire.]
Je n'avais jamais vu Megamind, sorti durant mon "enfance", qui m'intriguait depuis toutes ces années.
Le début du film était intéressant. J'aimais l'idée d'une intrigue sur cet enfant alien malchanceux, destiné à devenir un super-vilain par son arrivée en prison puis son harcèlement scolaire, cet être intelligent devenu mauvais, mais qui ne gagnerait jamais, éternellement confronté à Metro Man, le justicier qui l'avait toujours oppressé, né privilégié.
Puis vint très vite le premier "plot-twist":
La mort de Metro Man, tué par Megamind.
L'idée de ce méchant déprimé, désireux de continuer à perdre, de retrouver son ennemi juré, d'entretenir sa rivalité, et de se forger un autre adversaire à partir de son ADN était plutôt intéressante.
Puis le film a semblé devenir féministe, avec cette journaliste auparavant éternellement kidnappée, maintenant déterminée à sauver la ville, désintéressée par les avances et comportements toxiques des hommes autour d'elle, prête à exterminer elle-même le mal.
Toujours victime du vilain, qui finit par tomber amoureux d'elle, draguée sans cesse par son collègue incel, et considérée dans l'imaginaire collectif comme la copine de Metro Man, alors qu'elle est simplement fan, elle allait devenir l'héroïne et pouvoir profiter un peu.
Puis, finalement, on s'est contenté d'une intrigue romantique classique: la meuf sert presque à rien, son collègue incel veut la tuer parce qu'elle ne l'aime pas, et elle finit par pécho le héros-vilain, même si celui-ci l'a kidnappée des milliers de fois par le passé, a ruiné sa ville et tenté de tuer son héros maintes fois, pour finalement la draguer et l'embrasser en mêlant catfish et mensonges.
Quelle belle histoire d'amour, que c'est romantique.
Et plutôt que de développer un véritable propos sur le manichéisme et le destin, les nuances reliant héros et vilain, on finit avec trois personnages réalistes mais finalement assez intéressants.
Le "nice guy", le collègue, s'avère être un incel, et le plus méchant de tous les méchants.
Le héros n'était qu'un mec privilégié, qui était forcé à sauver le monde mais n'en avait aucunement envie, car en fait, c'était pas tellement un gentil.
Le vilain qui voulait être gentil le devient, et on oublie tous les torts qu'il a causé. Le film se conclut sur un "t'inquiètes, même si t'as fait du mal, au fond t'étais pas méchant, donc ça va, tu peux pécho la meuf et devenir le héros gentil adoré par le peuple"
C'est vraiment dommage d'avoir une base si intéressante, et de finir là-dessus. Sans oublier toutes les intrigues inexploitées sur leurs origines aliens, le véritable potentiel de leurs pouvoirs, les sentiments du "minion", etc.
Bref, c'est un Mega meh. C'est un 6 simplement parce que c'est bien animé, et ça reste divertissant.