Justine, dépressive, se marie. Lors de la cérémonie, elle semble totalement déconnectée. Subissant les pressions de son patron ou de son beau-frère, l'explosion du couple de ses propres parents, et elle ne parvient pas à connecter avec son mari. Elle apprend ensuite que la planète filante Melancholia va dangereusement s'approcher de la Terre...

"Melancholia", un film qui divise ! Le mariage de la première partie est un prétexte pour enchaîner les tableaux misanthropes, pas grand monde n'étant à sauver ici. Le marié (Alexander Skarsgård) à l'Ouest. Son témoin, l'odieux patron de Justine (Stellan Skarsgård, le papa d'Alexander à la ville). Le beau-frère froid et agacé (Kiefer Sutherland). La soeur qui ne supporte plus le comportement erratique de Justine (Charlotte Gainsbourg). Le traiteur excédé (Udo Kier). Bref, de très belles prestations d'acteur, filmés dans une lumière orangée faussement chaleureuse. Offrant ainsi une peinture de la dépression sur fond de personnages antipathiques.

La seconde partie est pratiquement un anti-film catastrophe. La planète hostile se rapproche, mais l'on se centrera seulement sur Justine, sa soeur, son beau-frère, et son neveu. Pas de média, ni de foule en panique, ni de grande destruction. Lars von Trier ne donne pas non plus grande foi en l'humanité, en tournant les scientifiques en ridicule. Un banal fil de fer avec un bâton devant plus fiable que les calculs des plus grands spécialistes du monde !

L'intérêt est ici de voir une catastrophe arriver sous forme de drame intimiste. Avec Justine qui sera la plus calme du lot. Pour l'anecdote, l'idée du film serait venue à Lars von Trier alors que lui-même était dépressif. Son médecin lui indiqua que les dépressifs peuvent réagir plus calmement que les autres lorsqu'ils sont sous pression, car ils ont déjà anticipé le pire.

Certes, c'est assez lent. La caméra à l'épaule n'est par ailleurs pas mon style préféré pour ce genre de récit. Néanmoins il y a de très belles images. L'introduction sous forme de tableaux au ralentis, la scène où Kirsten Dunst se dénude devant Melancholia... Le tout habillé par une jolie lumière. C'est malheureusement un peu saboté par le dernier plan tout numérique, plutôt moche.

Et évidemment, comment ne pas évoquer le travail de Kirsten Dunst, qui s'implique fortement dans son rôle de grande dépressive, et porte le film sur ses épaules ! Toutefois l'ensemble ne sera pas pour tout le monde...

Redzing
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