Adaptation du livre d’Annie Ernaux portant le même nom, “Mémoire de fille” raconte le souvenir qu’à Annie Ernaux de son expérience à Rouen, sa ville d’enfance, à l’été 1958.
La première partie du film, lors de l’arrivée d’Annie dans la colonie de vacances, montre très bien l’innocence d’Annie lorsqu’elle est confrontée aux autres jeunes qui sont plus relâchés qu’elle. La scène où elle passe sa première nuit avec le chef moniteur est vraiment bien mise en scène dans la mesure où l’on ressent bien qu’Annie est tombée sous l’emprise du chef moniteur, qu’elle est dans un état de sidération face à ce qui lui arrive. On peut ressentir sa souffrance et avoir une véritable empathie à son égard.
Cependant, je trouve que le film reprend hélas, la construction classique et peu bâclée des relations dans des groupes d’adolescents. Il y a une adolescente, timide, qui est marginalisée pour cela par les autres adolescents dont les personnalités ne sont pratiquement pas développées et qui ne semblent être là que pour créer des interactions avec le personnage principal et qui n’existent pas autrement.
La seconde partie du film qui a pour but de montrer comment l’expérience traumatique d’Annie va l’amener à son engagement politique assez didactique, pas très subtile et où les dialogues n’ont pour vocation que de surligner la vocation militante d’Annie et cette séquence m’a laissé de marbre alors qu’il y avait matière à faire mieux.