Nombreux sont les amateurs de film d'action à attendre The Raid 2 avec énormément d'impatience, il faut dire que le premier (dont j'ai déjà parlé) était une véritable claque ! Afin de rendre cette attente moins insupportable, je me suis dit qu'il serait peut-être une bonne idée de me procurer Merantau, premier film de Gareth Evans réalisé deux petites années avant The Raid.
L'effet que j’espérais, à savoir me mettre encore plus en confiance pour le prochain film du bonhomme, n'est au final jamais arrivé. Merantau m'a plutôt ouvert les yeux sur le fait que Gareth Evans semble être capable du meilleur comme du pire. Le souci, c'est que lorsqu'il fait dans le pire, il n'y a vraiment rien à sauver...
Pour faire simple. Le merantau est une sorte de rituel que les hommes venant de familles pauvres doivent effectuer. Cela consiste à quitter sa famille, ainsi que son village, afin de faire fortune ailleurs. Bien entendu, une fois la fortune et le savoir obtenu, ils devront en faire profiter le reste de leur communauté. Voila la situation dans laquelle se retrouve le jeune personnage principal du film.
Ce dernier, plutôt doué en art de combat, décide donc de profiter de son merantau pour aller enseigner le silat, l'art martial Indonésien, à Jakarta. Malheureusement pour lui, la situation va vite tourner en eau de boudin lorsqu'il va être impliqué dans une sombre histoire de proxénétisme aussi cliché que mal raconté.
Le plus grand défi lorsque l'on regarde Merantau n'est pas de détecter tous les clichés que l'on nous balance à la tronche sans aucune retenue, mais plutôt de trouver les rares éléments de l'histoire qui ne soient pas des clichés ! Rien ne nous est épargné. La demoiselle en détresse fragile et faible, le petit frère qui ne sert à rien, le héros au grand cœur et enfin le grand méchant américain. Car oui, dans le cinéma Asiatique, le méchant Américain est aussi cliché que les méchants Russes dans le cinéma Américain.
Tous ces éléments nous sont servis sur un récit d'une lenteur capable de faire passer un vieux feuilleton Allemand pour un bête de course. L'histoire d'amour est niaise. Les dialogues sont insipides, les personnages sont des coquilles vides qui ne sont, à aucun moment, réellement développés. Cela devient donc dur, voir impossible, de ressentir le moindre petit sentiment à leur égard.
Mais bon, à la base quand on regarde un film comme Merantau c'est pour voir des mecs coller des bourres pifs. Le problème c'est que même les bastons sont soporifiques ! Les scènes d'action sont peu nombreuses. Les chorégraphies sont rarement impressionnantes. Et pour finir, les combats n'ont, contrairement à The Raid, aucune pêche ! La faute à une absence beaucoup trop prononcé de bande son. Les coups semblent n'avoir aucun impact et aucune musique vraiment épique n'accompagne les affrontements.
Inutile de continuer, le constat est sans appel. Merantau est l'exact contraire de The Raid. Un mauvais film de bout en bout, avec une histoire tellement bidon qu'elle en devient chiante et des personnages chiants tellement ils sont bidons. Reste plus qu'à espérer que The Raid 2 soit dans la droite lignée du premier. Car avec Merantau, Gareth Evans m'a prouvé qu'il ne sait ni écrire un vrai scénario ni de vrai personnages.