Subbaraj, c’est un petit génie. Il a 10 balles en poche, une usine désaffectée dispo pour le weekend et 4 acteurs incapables de retenir le moindre dialogue et c’est tout ce qu’il lui faut pour bricoler un petit film d’épouvante hyper fun. Parce que si à l’époque (2018) il n’avait pas (encore) les poches remplies de pesos, il avait déjà clairement un tas d’idées. Et ce qui aurait pu être un énième film d’horreur à la con où un tueur trucide à la chaine des jeunes étudiants devient un super film d’horreur où un tueur trucide à la chaine des jeunes étudiants. On appelle ça la classe. Parce que Subbaraj est adorable, il a mis dans son film tout un tas de trucs sacrément futés et baigne le tout dans une grosse marmite de tragique, renvoyant aux catastrophes industrielles en général et, bien sûr, au désastre de Bhopal en particulier. Il y a aussi toute la dynamique de ce groupe de jeunes qui est formidablement bien ficelée et les deux rôles principaux qui devront, in fine, faire de la place à un troisième. Même si le film reste, in fine, relativement mineur, il transpire de talent et d’enthousiasme de bout en bout. Au final, l’essentiel ne me semble pas être dans le décorum ou les enjeux narratifs que toute cette histoire motive, mais plutôt dans un plaisir ultra ludique et hyper fun de mise en scène. C’est que les jeunes, ils sont tous sourd-muets, et communiquent en langage des signes, ignorants des bruits qu’ils peuvent faire… tandis que le tueur maléfique qui les traque est lui aveugle et aux esgourdes affutées. Subbaraj fait du cinéma parce qu’il aime ça, qu’il a tout plein d’idées et qu’il sait comment les mettre en scène.
A ce sujet je ne peux que vous conseiller d'aller voir la vidéo que M. Bobine a réalisé sur le cinéma de Subbaraj :
https://youtu.be/O_eFwuF_DvQ