Le film commence par une succession de sketchs parodiques incroyables. Jacques Mesrine en vacances (1), Jacques Mesrine et les putes, Jacques Mesrine mange avec ses parents, Jacques Mesrine s'amuse avec sa femme, Jacques Mesrine en prison... Une heure après, j'étais encore partagé entre l'hilarité et la consternation. Aucune scène ne dure plus d'une minute trente, il n'y a aucune cohésion chronologique entre elles et à chaque fois, le style change. Des couleurs flashys là, un plan séquence ici, du vaudeville après, un filtre bleu hideux... Comme si la réalisation de chaque petit bout de la montée de Mesrine avait été confié à un stagiaire différent.

(1) Richet a du se dire : "Coppola a réussi à faire passer trois quarts d'heure à son héros en Italie sans que ça casse le rythme. Ça devrait pas poser de problème si Mesrine passe trois minutes en Espagne".

Tout est téléphoné, attendu. Cassel fait du mieux qu'il peut pour essayer de donner un fil conducteur à l'ensemble mais finit par s'auto-parodier. Rien n'est fait pour rendre le personnage sympathique, c'est louable. Mais rien n'est fait aussi pour le rendre intéressant. Si c'est un portrait fidèle, on se demande ce qui a pu pousser toute une équipe de film à réaliser un biopic sur un abruti complet à la gâchette facile qui a une bonne idée à chaque décennie.

Il faut attendre le Canada pour que le film décolle un minimum. Enfin le réalisateur prend le temps de poser sa caméra cinq minutes. Le film aurait très bien pu commencer ici étant donné que tous les personnages secondaires (2), dont on avait de toute façon pas retenu le nom, se sont fait virés d'une manière ridicule et que le glandu en question n'a absolument rien appris de ses jeunes années.

(2) Depardieu est terriblement mauvais.

Mais même là ça vole pas bien haut. Arrivé en prison, Jean Pierre Jeunet décide de passer faire un coucou pour une séquence de bizutage d'anthologie. Filtre vert pour mettre mal à l'aise, caméra qui tourne, Cassel grimé en Jésus et les matons avec un rire sadique. Puis une bonne scène d'évasion où l'on commence à cerner l'ingéniosité du personnage. Immédiatement gâché par une scène de sauvetage bourrine et ridicule. Mesrine redevient con et inintéressant.

A la fin Mesrine et son copain tuent deux gardes chasse et le canadien se fait buter. Après le générique. Sur un carton qui nous indique qu'il s'est fait buter. Bravo.

On a donc un film sur un braqueur de banques sans une seule bonne scène de braquage. Un mec censé être charismatique qui n'est qu'une tête brulée stupide et bornée. Un réalisateur qui continue à croire que faire des ellipses sur des passages importants c'est cool. Et si c'était pour bâcler à ce point la jeunesse de Mesrine, il n'y avait aucun intérêt à la montrer, surtout si ça squatte les trois quarts du film.

Je sais même pas comment je vais faire pour le deuxième.

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le 13 mars 2011

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MrShuffle

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