Mix captivant de thriller, de film de prison et de film de procès inspiré d'une histoire vraie.

Thriller, film de prison et de procès, ce film est une réussite complète dans les trois niveaux et il vous captive par son sujet, emporte votre  empathie et votre compassion y compris dans les scènes où le plus violent et le plus sordide est mis en scène, ce qui témoigne d'une éthique hors du commun de la part du réalisateur (sinon ces séquences n'auraient pu être que dégradantes - c'est la raison pour laquelle j'ai du mal à voir les films de prison, qui me tombent des yeux, au point que souvent je ne les finis pas...). Par ailleurs, il est virtuose pour les déplacements de caméra dans la plupart des séquences de prison.

Le jeu des acteurs et particulièrement celui de Kevin Bacon est aussi pour beaucoup dans ce coup de maître - il a eu le prix des critiques américains comme meilleur acteur en 1996, dix fois mérité (mais pourquoi pas un Oscar ?).

Pourtant le site, Alacatraz, pouvait faire craindre un film d'exploitation malsain.

Il  est Inspiré d'une histoire vraie, celle de Henry Young, qui tua en 1938 un autre détenu dès sa sortie d'un cachot sans jamais avoir expliqué son geste. C'etait probablement une vengeance pour l'avoir trahi lors leur tentative d'évasion manquée (au cours de laquelle le fils de la célèbre cheffe de gang Ma Barker fut tué par les gardes). 

Ce n'est pas un biopic : le parcours du vrai Young est embelli dans le film - c'était un dur violent dans la vraie vie et non un petit délinquant - et la maltraitance de la hiérarchie de la prison envers lui est exagérée : dans le film 3 ans et 2 mois de cachot au lieu de 19 jours.

Mais le scénario construit une histoire plausible sur les dérives de la hiérarchie et de la soumission au pouvoir établi.

Le sadisme ou l'aveuglement des agents est mis en parallèle avec la  montée du nazisme, laquelle commence a être a connue dans une Amérique qui n'est pas encore en guerre, mais dont il ne faut pas, alors, critiquer les entorses à la démocratie.

On l'enjoint vivement au jeune avocat (joué par Christian Slater), y compris par des pressions répercutées par son frère, un grand avocat (joué par Brad Dourif), qui a peur d'embarrasser le FBI de Edgar Hoover.

Le film fait gagner au duo de Young et de l'avocat le combat judicaire, mais Young, physiquement et moralement détruit se suicide peu après (dans la vraie vie, Young fut libéré plus tard et disparut des radars). 

Ce qui est vrai est que le procès relaté ici fut un des épisodes dans la mise en cause sociétale progressive de cette prison modele, qui fut fermée définitivement en 1962.

A noter une composition savoureuse de sous directeur pervers par Gary Oldman, une facette de méchant de plus dans l'escarcelle de cet excellent acteur. 

Le réalisateur, hélas mort à 46 ans (dans son sommeil), était le fils adoptif de l'acteur bostonien Alex Rocco.

(Notule de 2022 publiée le 13 décembre 2025).

Remarque du jour :

Alex Rocco (le père du réalisateur) est celui qui joue le patron de casino mafieux qui prend une balle dans ses lunettes dans Le Parrain, et un des flics du duo d'enquêteurs dans Detroit 9000.

Michael-Faure
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le 13 déc. 2025

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