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Lumière, amour, délire.Lorsqu'une jeune DJ perd son amie aux Canaries, sa vie tourne au cauchemar. Sa solitude forcée s'intensifiera au fil des minutes, cherchant sans relâche sa meilleure amie...
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"Il faut tout de même lui reconnaître une vraie cohérence de départ. Utiliser la Grande Canarie comme double décor, d’abord le paradis fabriqué des touristes, puis, peu à peu, les coulisses d’un territoire autrement inquiétant, comme des couloirs souterrains obscurs, zoos de caïmans, transactions douteuses dans les night-clubs et dérives sectaires autour du Roque Nublo. Nicloux a un œil pour y mettre du vernis dans ces espaces ouverts, donnant par moments une texture visuelle réellement troublante. Pom Klementieff, revenue à l’Europe après une décennie hollywoodienne, porte le film avec une énergie tendue et physique assez impressionnante. Benoît Magimel, lui, impose sa présence magnétique et fragile dans chaque scène, ce mélange de charisme et de timidité qui fait qu’on ne sait jamais s’il est ange ou prédateur. Sur papier, et même à l’écran pendant quelques séquences, ça fonctionne."
"Le problème, c’est que Nicloux a décidé de tout recouvrir. La musique d’Irène Drésel et Sizo Del Givry — composée avant même le tournage et, aux dires du réalisateur lui-même, devenue un « organe vampirisant » du film — sature le récit de bout en bout, 1h55 sans quasi aucune respiration. On comprend l’ambition hypnotique : faire de la techno le pouls intérieur de Romy, son état mental mis en fréquence. Mais là où Óliver Laxe, dans Sirāt, parvenait à rendre la musique électronique spirituelle. Chaque battement portant quelque chose sur la solitude, le deuil, la fin du monde. Ici elle ne fait qu’imiter la tension au lieu de la créer. Elle simule un rythme là où le récit n’en a pas. C’est le symptôme d’un film qui ne fait pas tout à fait confiance à sa propre matière."
"Mi Amor est le film d’un cinéaste qui a eu une sensation forte et qui a construit autour. Ce n’est pas pour autant une trahison totale de ce que Nicloux sait faire. Les Confins du monde tenait sur cette même idée d’un territoire qui dévore ses personnages, et Dans la peau de Blanche Houellebecq avait cette façon de faire tourner le malaise à bas régime. Mais une forme aussi envahissante finit ici par annuler ce qu’elle prétend exalter. La musique bombarde, le montage s’épuise, et l’émotion — celle d’une femme qui perd pied dans un paradis corrompu — reste obstinément hors d’atteinte."
"Mi Amor ne sera pas le film qui réconciliera les sceptiques avec Nicloux. Il y a trop de bonnes intentions sabotées, trop d’outils formels brandis comme des solutions là où ils creusent des problèmes. Reste un film à éclats, avec deux acteurs en centre de gravité qui se battent jusqu’au bout — et le sentiment tenace d’une occasion manquée."
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Créée
le 7 avr. 2026
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