Mikado
-
Mikado

Film de Emanuel Parvu (2021)

Mikado, d'Emanuel Pârvu, est à conseiller à tous les amateurs de cinéma roumain, celui de Mungiu, par exemple, par son côté implacable, dans un enchaînement de circonstances terrassant, qui peut ressembler à un exercice de style, mais qui force cependant l'admiration par sa maîtrise, son sens des ellipses et son suspense psychologique, entre autres. Le film est moins directement social que la plupart des longs-métrages roumains de la dernière décennie mais cette dimension existe, évidemment, et explique en grande partie les décisions et comportements des protagonistes de cette histoire qui enchaîne les conséquences d'une aussi banale action que la remise d'un cadeau d'anniversaire. Ce qui est appréciable, dans Mikado, est qu'aucun personnage n'est laissé de côté ou méprisé, le film expliquant avec cohérences les raisons qui les poussent à telle ou telle attitude, en fonction de chaque personnalité, et jusque dans l'excès. Les mots ont ici une grande importance, ceux que l'on dit sous le coup de la colère, par exemple, au sein d'un scénario millimétré, rehaussé par le jeu très convaincant de l'ensemble de la distribution. S'il fallait trouver un défaut à Mikado, ce serait le même que ceux de nombreux films contemporains, à savoir un dénouement très ouvert et brutal qui déçoit par un certain manque de courage, en définitive, qualité qui ne manque guère, pourtant, dans le reste de cet impressionnant Mikado.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Créée

le 10 nov. 2022

Modifiée

le 10 nov. 2022

Critique lue 56 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 56 fois

3

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8291 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8291 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8291 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021