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Sur les routes, Mikado et Laëtitia élèvent leurs enfants dans un vieux van. Quand une panne les cloue en Provence chez Vincent, instit' lunaire et veuf, tout bascule. Un été étrange commence. Et les certitudes, elles, vacillent.
Derrière cette simplicité, Baya Kasmi déploie une chronique douce-amère. Une sorte de fable moderne où la liberté a un prix. Ceux qui la suivent depuis Youssef Salem a du succès savent déjà : sous l’humour, la faille.
Et justement : on attendait quoi ? Une utopie nomade ? Une critique sociale ? On reçoit un conte d’été, avec ses illusions, ses silences. Un film sans grand fracas, mais avec de vraies secousses intérieures. Le genre de film où l’on ne sait plus si on veut y rester… ou s’enfuir.
L’intrigue n’a rien d’un thriller. Pas de rebondissements violents. Juste une tension douce : rester ou partir ? Grandir ou fuir ? La lenteur du récit, parfois frustrante, sert en réalité une atmosphère : on vit à leur rythme. On rêve un peu. Puis on doute.
Oui, le film joue avec des clichés. La roulotte, l’instit’ paumé, la fillette trop mûre. Mais Kasmi les détourne, les creuse. Elle ne juge pas. Elle observe. Et ça change tout.
Visuellement, c’est un été étiré. Romain Le Bonniec capte les silences et les lumières de fin de journée. Tout semble flottant, suspendu.
Et justement, l’éclairage parle. Quand le soleil décline, les choses deviennent floues. La lumière n’éclaire plus : elle masque. Elle trahit.
Les acteurs sont en apesanteur. Félix Moati incarne ce père idéaliste avec une gravité douce. Vimala Pons est électrique. Et Ramzy Bedia, inattendu, émeut sans forcer.
Mais ce sont les non-dits entre les personnages qui font mal. Un regard, un silence, une absence. On sent que quelque chose ne tient plus.
La musique de Jérôme Bensoussan est discrète, presque absente. Et c’est là qu’elle fonctionne. Les sons du réel – gravier, vaisselle, souffle – prennent le relais. Et vibrent.
Et puis, l’émotion : quand Nuage dit non. Non à la fuite. Non au rêve imposé. C’est dit sans colère. Mais ça casse.
Le film veut-il transmettre un message ? Peut-être. Ou alors il préfère le trouble. Et c’est tant mieux.
En vrai, Mikado ne se regarde pas. Il s’écoute. Il se ressent. Comme une chanson douce qu’on ne comprend pas toujours.
Je lui mets un 7 sur 10. Parce que ce n’est pas un chef-d’œuvre. Mais c’est humain. Et ça, c’est rare.