Grosse déception que ce titre qui, sur le papier, se présente comme un vigilante au cœur de l’Amérique profonde et qui, au final, passe à côté de tous ses sujets. La faute à un scénario mal fagoté et à des personnages mal croqués qui donnent lieu à un récit chaotique et à des péripéties éventées. Le pitch est simple : dans une petite vile pétrolière de Californie autrefois bien tranquille, les employés d’une des compagnies sèment le trouble. On fait donc appel à un petit groupe revenu du Vietnam pour remettre de l’ordre. Le premier souci est déjà là : qui met le feu aux poudres dans la ville ? On n’en sait rien. Ici deux types bourrés qui se tapent dessus, là un hold-up sanglant, là-bas une salle de jeu où les soirées finissent toujours mal. Soit une menace mal identifiée, diffuse, confuse qui ne motive pas une telle réaction des autorités. Le début du film ressemble à un western moderne et potache où un mot de travers conduit à une bagarre générale. L’arrivée de Kris Kristofferson en redresseur de torts avec quelques-uns de ses amis est mal amenée. On comprend mal sa méthode et ses cibles pour parvenir à son but. En clair, un bordel remplace un autre bordel scénaristique. Quand on comprend qu’il est là pour mal agir, le film abuse d’astuces grossières pour montrer qu’il n’est pas fiable.


Dire que le film est une critique intelligente de l’auto-justice est une idiotie. Le remède n’est pas pire que le mal. Il est juste un prétexte pour dresser l’un contre l’autre deux frères totalement différents. De type filou, Kris Kristofferson devient une sorte de maniaque de la gâchette qui abat froidement des personnages importants du récit. Seul un psychopathe agirait de la sorte, or il n’est jamais décrit comme tel. Au mieux, c’est un raccourci, au pire un oubli. Et que dire de l’aveuglement de son frangin qui est allé le chercher pour ramener le calme ? Il a un pieu dans l’œil avant, soudain, de prendre les armes et de se faire justice lui-même (il n’y a donc pas de critique de l’auto-justice, CQFD). Il en résulte un règlement de comptes final propre au western qui part, quand même, un peu dans tous les sens et n'en a jamais la force.


Voilà donc une série B qui ne tient pas ses promesses. Si elle offre quelques séquences musclées, elle souffre d’un rythme qui colle davantage au drame que serait la lutte fratricide qui nous est progressivement contée. De nombreuses séquences d'action paraissent, à ce titre, totalement plaquées au récit. On ne comprend pas pourquoi la mort de certains personnages ne crée pas davantage d’électrochoc aux yeux de la population et on ne comprend pas comment quatre ou cinq mecs sèment une terreur que 200 types avant eux n’arrivaient même pas à provoquer. Jan-Michael Vincent est toujours, quant à lui, toujours aussi inexpressif. En clair, un vrai faux vigilante qui ne parvient pas à tirer le meilleur de ce qui aurait dû être une bonne petite série B.


3,5

Play-It-Again-Seb
3

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le 8 févr. 2025

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PIAS

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