Difficile de passer à côté du phénomène littéraire "Millénium", la trilogie de Stieg Larsson s'étant vendue à plus de dix millions d'exemplaires dans le monde, dont presque trois millions rien qu'en France. Il est dès lors inévitable que le cinéma s'empare de l'oeuvre, les billets de banque à engranger étant un leitmotiv réccurent pour passer de l'écrit à l'image. Et c'est le danois Niels Arden Oplev qui s'y colle, adaptant le premier tome intitulé Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.

Tout commence avec une sale affaire, une accusation du journaliste droit et réputé du magazine Millenium, Mikael Blomkvist, dit "Super Blomkvist". Une accusation qui amènera les tribunaux à le condamner à trois mois de prison ferme pour diffamation. C'est cher payé quand on a été piégé. Cela n'empêche pas le très important industriel suédois Henrik Vanger de faire appel à lui pour élucider une histoire de meurtre et de disparition vieille de plusieurs décennies. D'abord parce qu'il est le meilleur. Et ensuite parce qu'il a connu la victime alors qu'il était aussi haut que trois sacs de patates. Vanger étant persuadé que le coupable se cache parmi les membres de sa famille, il lui fallait s'assurer de la droiture de Blomkvist, ce pour quoi il fit engager Lisbeth Salander, une hackeuse plus que qualifiée quand il s'agit de trouver des informations à travers son écran d'ordinateur. Les deux investigateurs vont alors s'unir pour découvrir la vérité, au péril de leur vie.

Une histoire solide et tendue propice à faire de ce Millénium, le film un bon thriller, ce qu'il est indubitablement. D'autant qu'en guise d'ingrédients de qualité, les acteurs complètent à merveille la recette. Seulement n'est pas grand chef cuisinier qui le veut, et il est certain qu'un réalisateur d'une trempe plus al dente que Niels Arden Oplev aurait transformé le téléfilm luxueux en orgasme cinématographique 4 étoiles. Le peu d'intuitions artistiques n'arrive pas à illuminer les scènes de violence, sexuelles et physiques, au point de rendre la majeure partie d'entre elles superflues. L'atmosphère se voulait glauque, mais il aurait fallu mitonner un peu plus de suspense pour écarter les évidences et conjuguer art de la narration et génie. On en est hélas très loin, mais il faudra s'en contenter.

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le 3 janv. 2015

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Kelemvor

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