Le mauvais pressentiment s'est installé dès cette scène d'ouverture, portée aux nues par la communauté cinéphile, mais somme toute terriblement basique.

S'il y a bien une chose que l'on ne peut retirer à Hou Hsiao-Hsien, c'est son travail d'ambiance. Le boulot sur la photo, l'éclairage, le cadre et la musique confère au long-métrage une atmosphère nocturne captivante. Shu Qi est d'une beauté magnétique, et on déambule avec grand plaisir au sein de ces longues nuits taïwanaises.

Pour autant, cette expérience et ce voyage lancinant m'ont paru plombé par une écriture laborieuse. La tentative de capsule temporelle est louable, avec cette captation d'une jeunesse désabusée et de tragédies relationnelles d'une vraie violence. Mais absolument rien ne semble incarné à l'image, de ces caractérisations de personnages statiques à ce rapport au temps très artificiel.

La représentation de ce couple dysfonctionnel en est le parfait exemple, avec un empilement pénible et répétitif de disputes amoureuses. L'ensemble s'engouffre dans un traitement bancal de l'emprise, qui s'avère rapidement manichéen et pas très intéressant.

Je sens que l'œuvre brouille volontairement sa narration pour nous mettre dans un état de perdition proche de ses personnages. Mais ironiquement, cette réflexion en mosaïque vaine, ce labyrinthe pompeux et ce puzzle jamais cryptique cassent l'aspect léger et envoûtant du voyage initial.

Difficile alors de ne pas évoquer la dernière demi-heure, qui sombre dans une vacuité et une prétention regrettable. Ce sous-arc avec Jack se révèle plus que dispensable, et ne se greffe que maladroitement avec le squelette précédemment esquissé.

C'est dommage, parce que je perçois de jolies pointes de mélancolie à quelques rares reprises, notamment lors des séquences enneigées au Japon. Mais tout est recouvert par ce dispositif balourd, et on ressort avec l'amère sensation d'un film qui se croit bien plus intelligent qu'il ne l'est réellement.

À redécouvrir dans quelques années, peut-être...

5,5/10


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le 8 sept. 2026

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