Les frères Cohen réalisent un film sur la mafia jubilatoire, mais un peu embrouillé. Volontairement d'ailleurs. Car le personnage principal reste lui-même flou sur ses intentions. On peut interpréter, mais est-on dans le vrai ou non? D'ailleurs, le sait-il lui même, ce qu'il a voulu faire? Ou bien a-t-il été pris dans un engrenage, cette fameuse logique du pire?
A noter dans la mise en scène, l'éloignement des personnages, qui semble accru par la caméra, comme s'ils ne pouvaient se rejoindre que pour se cogner dessus.
Une réunion de fauves.
Et au milieu, Gabriel Byrne, jouant un jeu plus ou moins mystérieux.
On sait le talent des frères pour mettre en scène une galerie de personnage, tous plus loufoques les uns que les autres.
Ici les rugissements des thompsons deviennent matière au burlesque, ainsi que les coups que se prend sans cesse Gabriel Byrne.
Ce qui n'empêche pas Miller's crossing d'avoir également la dramaturgie et le suspens des grands films de mafia.
Et là où le côté emberlificoté du scénario prend son sens, c'est que cela donne l'impression que les personnages se laissent porter par les événements, qu'ils ne savent pas très bien ce qu'ils font.
Ce qui, probablement, est le cas!
On retrouve ainsi dans Miller's crossing les ingrédients qui feront Burn after reading, mais en plus maîtrisés.
Les frères Cohen savent filmer les paumés.