On va voir Mine de rien en sachant que l'ombre écrasante de The Full Monty plane au dessus de lui. Ce qui n'a rien de problématique en soi, le film de Peter Cattaneo demeurant un superbe exemple de comédie sociale. Une filiation pleinement assumée par Mathias Mlekuz, puisqu'il en reprend les grandes lignes.
Des chômeurs, un père divorcé qui a perdu l'estime de sa progéniture, une idée insolite pour se relancer...Oui, l'histoire on la connait si bien qu'on pourrait en prévoir le déroulement. Et c'est ce qu'on fait pendant Mine de rien.
Contrairement à ce que l'affiche laisse présupposer, l'atmosphère n'est pas tant à la fête que ça. L'humour passe même carrément au second plan. Ce qui n'est pas gênant puisque les saillies comiques sont faiblardes. À la rigueur, certaines facilités passent (la maire antagoniste, le beau-père imbuvable). Là où le film pose problème, c'est dans son refus catégorique de tordre le cou aux stéréotypes sur le monde rural où les âges. Les personnes âgées ignorantes d'internet, les ados obnubilés par leur smartphone, l'accordéon comme seule musique,...Ce type de raccourcis marchent quand ils sont satiriques. Ce qui n'est pas le cas ici, bien malheureusement.
Au final, je ne relève aucune séquence drôle ou émouvante. Bien qu'il s'efforce de marcher dans les pas de The Full Monty, Mine de rien peine à créer du liant avec ses personnages. Heureusement les comédien.ne.s sont plutôt convaincants, ce qui permet de suivre le film sans trop décrocher. Malgré tout, l'ensemble n'a rien à proposer et les zygomatiques ne sont presque jamais sollicités. Vu l'ambition du film, c'est un contre-performance indéniable pour moi.