Retrouver l'important réalisateur et scénariste russe dissident survivant du Covid-19 et exilé en France confère à ce retour au Festival de Cannes 2026 en Compétition officielle engendre une émotion humaine et cinéphile particulière.
Cinq longs métrages ont déjà suffi pour en faire l'un des plus grands cinéastes de ce début de siècle.
L'artiste émigré en France a posé sa caméra en Lettonie pour conter une tragédie inspirée par "La Femme infidèle" (1969) de Claude Chabrol.
Dès les premières images de ce faux remake le cinéaste renoue avec l'inegalable précision du cadre à la géométrie pafaite dont le metteur en scène russe a le génie.
Le récit débute en 2022 en Russie alors que commence "l'opération militaire spéciale" en Ukraine et va se décliner en combustion lente montrant la bourgeoisie provinciale à travers un couple vacillant (père riche chef d'entreprise et mère au foyer sous le joug patriarcal, parentd'un adolescent, alors que le pays se mobilise gâce à la propagande contre l'ennemi désigné, ou que certains fuient vers la frontière géorgienne.
La narration amplifie la métaphore de l'effondrement du foyer sous le joug patriarcal avec la situation militaire du pays en toile de fond et la mythologie du Minotaur va littéralement prendre corps lors d'une brutale séquence qui laisse exsangue.
La caméra chirurgicale du réalisateur impressionne par sa précision et ces variations de lents mouvements pour enserrer l'intrigue et ses protagonistes au milieu du dédale psychologique, de la corruption des âmes et du bon fonctionnement moral et politique des instances censées faire appliquer les lois en vigueur dans ce pays en nuances de gris.
Cette admirable œuvre rigoureuse au cœur d'un labyrinthique glacial, marque avec grâce et fatalité cette édition cannoise et mérite une place de choix au palmarès.