Introduit par un "Il était une fois", le film se pose d'emblée comme une fable, un conte triste parfois, à la façon de Vittorio de Sica et, pourquoi pas, sur le mode Disney!
Trouvé dans un chou, adopté par une vieil femme charmante, le jeune héros du film grandit et découvre la misère des faubourgs romains à travers une approche néoréaliste à laquelle ne tardent pas à se joindre un humour et une poésie dont le caractère semi-parlant, burlesque et symbolique n'est pas sans rappeler les comédies de René Clair. Car, si le film sous-entend constamment le malheur social, il se présente avant tout comme une comédie, merveilleuse avec l'introduction de phénomènes surnaturels, philosophique dans sa représentation de miséreux subtilement secourus par la félicité.
Sur le terrain vague où les pauvres survivent dans des bidonvilles jaillit du pétrole. Immédiatement menacés d'expulsion par un capitaliste (chapeau haut de forme, fourrure), les résidents de cette cour des miracles à l'italienne résistent.
Les idées foisonnent dans ce film. Philosophiques, invoquant la relation de toujours entre le faible et le puissant, le pauvre et le riche; fantaisistes, avec cette interprétation et ces figures typiques de la comédie italienne; poétiques à travers ce condensé imagé de la condition humaine. Le film est brillant, riche de sa variété de tons et du sens qu'il porte. Il se dénoue dans une belle allégorie où les pauvres
rejoignent le Ciel, qui leur appartient.