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<i>Légers spoilers.</i>
<i>Show People</i> continue d’opérer la dégradation du genre, comme en témoigne un certain nombre de choses. Le regard posé sur la production même de ce cinéma (sa fabrication, la violence de son milieu, l’humour tarte à la crème qui fut sa genèse) témoigne d’un désir de déconstruction. La chose s’accompagne d’un caractère méta d’autant plus prononcé : aux comédiennes imitées dans <i><a target='_blank' rel='noopener noreferrer' href="https://boxd.it/581bgN">The Patsy</a></i> (Lillian Gish, Mae Murray, Pola Negri) succède l’apparition des célébrités elles-mêmes (la scène de Charlie Chaplin, le banquet aux multiples caméos), ainsi que plusieurs effets prononcés de mise en abîme (l’histoire racontée évoque très clairement la carrière d’une collègue, Gloria Swanson – et une fois l’héroïne au sommet, elle se retrouve à jouer sur le tournage d’un film réalisé par King Vidor lui-même).
La mise en scène de Vidor est toujours assez sobre et distante, loin de ce qu’on attendrait d’un fonctionnement de comédie ; il s’amuse aussi beaucoup de l’héroïne à ses dépens (durant toute la première partie, notamment, qui la tourne en ridicule). Cela a des effets plus ou moins heureux. Parfois, il en résulte de belles ambigüités, comme lors de cette scène d’arrosage de la jeune actrice naïve : l’humour naît alors d’une situation dure, presque sordide, pas drôle du tout pour le personnage qui fond en pleurs, et cette tension a quelque chose de saisissant. Mais de cette distance découle aussi une froideur problématique, bien éloignée de l’univers de troupe sympathique dont le récit chante les louanges : ainsi, quand l’ancien compagnon de route vient rappeler le bon vieux temps à l’héroïne, dans une scène censée nous faire regretter le monde qu’elle a quitté, les mimiques et gags du jeune homme, en rien accompagnés par l’énergie du film, apparaissent franchement sinistres.
Plus généralement (et c’est aussi un signe de crépuscule, peut-être), l’humour se replie de plus en plus sur le périmètre cloisonné du visage de l’actrice, dont les grimaces moquent la haute société avec un étrange acharnement – entendons-nous, le milieu le mérite, mais cette insistance a quelque chose de mesquin, dans sa redondance amère et son absence de renouvellement. Autant de problèmes qui font que <i>Show People</i> est loin d’être le film le plus réussi de cette sélection, même si les mouvements et tensions qui s’y jouent sont passionnants.