J'en attendais sûrement trop. Ben oui on m'annonce à l'écriture Neil Gaiman, auteur que j'affectionne particulièrement, et aux effets spéciaux les studios Jim Henson (Dark Crystal, Fraggle Rock, les Muppets...), du coup la barre est forcément un peu haute.
Verdict, on est loin du chef d’œuvre onirique, décalé et visuel dont on pouvait rêver. Alors oui sur la forme il y a quelques idées géniales, que ce soit des masques bizarroïdes, malsains, ou des décors plus proches de la peinture que du cinéma. Allez jeter un œil sur Google, c'est vraiment sympa. Bon, c'est parfois gâché par la traditionnelle mauvaise idée de foutre des CGI partout sans en avoir les moyens.
Mais mon problème vient surtout du fond : le coup de l'évasion psychique dans un univers imaginaire, avec des liens plus ou moins fin entre ce monde et le réel, c'est du vu et revu, depuis au moins Le Magicien d'Oz. Loin de renouveler ce point de départ, Mirrormask propose une histoire linéaire, basique, et à la symbolique trop évidente pour être intéressante. Pas intrinsèquement mauvais, il souffre donc néanmoins des comparaisons : pas aussi somptueux que The Fall, pas aussi tragique que le labyrinthe de Pan, pas aussi épique que l'Histoire sans fin, on pourrait même dire pas aussi débilement régressif que Sucker Punch...
Bref même si le film n'est pas une purge et s'avère parfois très sympathique, j'ai trouvé qu'il avait le cul entre deux publics si l'on peut dire : d'un côté on a un univers visuel réussi bien trop effrayant pour les petits, et de l'autre, on a une histoire et une narration trop simplistes pour captiver les adultes. Fatalement, je suis qu'à moitié satisfait.