Miss Potter est écartelé entre deux mouvements contraires : le scénario s’efforce d’asseoir la modernité sociale et artistique de son héroïne, évoluant contre vents et marées dans un microcosme masculin et conservateur, qu’il assène à grand renfort de dialogues explicatifs et explicites, là où la mise en scène de l’Australien Chris Noonan, très soignée au demeurant, fige personnages et situations dans un académisme malvenu, sinon contradictoire. Il y a donc désaccord entre forme et fond, sans trouver dans la direction d’acteurs une ressource merveilleuse suffisante – à la différence des animaux de Babe (1996), précédent film du réalisateur. Ce qui n’empêche pas l’œuvre de fonctionner, à bas régime, fort des dessins et aquarelles de Beatrix Potter et de la partition musicale de Nigel Westlake.