Ayant enchaîné les bides commerciaux dans les années 90, Brian De Palma décide de s'attaquer à un blockbuster plus sûr : l'adaptation de la série TV "Mission Impossible". Un pari réussi et une conversion au cinéma étonnante, offrant quelques pieds-de-nez aux fans de la série, notamment via le rôle de John Voight. On y suit un agent de la CIA acculé, tentant de démasquer un traître.
Tom Cruise s'avère très convaincant dans ce rôle, et a par ailleurs le luxe de coproduire le film (et la franchise lucrative qui suivra !). Malgré le statut de vedette que le récit lui octroie, les vraies stars sont ici le scénario et la mise en scène. L'intrigue est très bien ficelée, intelligente, et fait du pied aux classiques de l'espionnage (manipulations, coups tordus, utilisation narrative du MacGuffin, cavale en Europe, acteurs internationaux, etc.). Tandis que le montage et la réalisation de De Palma font la part belle aux moments de tensions ou de retournement, une simple conversation se transformant en piège anxiogène. Le réalisation privilégie ainsi le suspens à l'action pure, très peu de coups de feu étant par ailleurs tirés. L'action n'est pour autant pas en reste, avec quelques séquences très impressionnantes pour l'époque, qui font encore leur effet aujourd'hui. On passera sur l'invraisemblance des dernières minutes, pensées pour le spectacle, et pour les PC magiques qui semblent ouvrir toutes les portes scénaristiques (c'était les années 90, et le public n'était pas encore très familier avec l'informatique !). Avec en prime une très bonne BO de Danny Elfman, qui en a profité pour reprendre le célèbre thème de Lalo Schifrin. Bref, le premier "Mission: Impossible" est un blockbuster malin et adroit.