Pendant que James Bond s'enlise dans ses contradictions, entre classicisme assumé et modernité homéopathique ; alors que Fast & Furious vire à la comédie involontaire, et que John Wick troque le peu de substance qu'il avait contre une forme toujours plus excessive et stylisée, Mission Impossible s'est imposé à mes yeux comme la meilleure série d'action US de ces dernières années.


Après le début prometteur de De Palmas, l'incursion décomplexée et jouissive dans l'explosion badass Hong Kongaise, et un épisode 3 un peu fade, la série connait une belle ascension le temps d'une trilogie informelle où chaque épisode surpasse le précédent, jusqu'à s'achever en fanfare avec le monstrueux MI6: Fallout.


Alors quand McQuarry (MI5 et 6) reprend les rennes pour un énorme final en deux parties, tous les voyants sont au vert, Tom Cruise est aussi taré que jamais, et l'équipe est au complet.


Malheureusement, MI7 est plombé par un script de merde. Un script tellement foireux que même ses incroyables scènes d'action et ses cascades réelles ne parviennent pas à le racheter. Et je vous dis ça, sachant que ce n'est jamais une série qu'on a suivie pour son histoire ou pour le développement de ses personnages. Mais jusqu'à présent, sans me transcender, elle évitait au moins de me faire soupirer à intervalles réguliers.


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Commençons par son antagoniste, puisqu'il s'agit d'une IA, et de la pire fausse bonne idée du script.


C'est un thème opportuniste, avec l'avènement de chat GPT et toutes les questions éthiques et sociales que suscite l'utilisation d'IA dans la création ou les champs de bataille. C'est aussi un sujet casse-gueule, particulièrement quand on fait l'antagoniste, qui se retrouve ainsi sans visage ni présence, et ne suscite aucune émotion.


Alors pour remédier à ça, MI7 introduit un nouveau méchant sorti du placard. Il surgit du passé de Tom en mode "Mouhahaha, j'ai toujours été là, dans les ténèbres", et le film est si peu clair à son sujet que mon petit groupe d'amis s'est demandé d'une seule voix à la fin du film "Hu... Gabriel, on l'avait vu dans les films d'avant ?"


Mais son insertion au chausse-pied dans la franchise est le moindre des pêchers de Gabriel. Son plus gros problème, c'est qu'il a autant de charisme qu'un Sam Worthington sous Xanax, et un physique encore moins remarquable. Maladroitement introduit, mal joué et de toute façon sans conséquences, puisqu'on sait dès le début qu'il ne s'agit que d'une marionnette, son personnage part avec un énorme handicap dont il ne se relèvera jamais.


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Continuons avec l'introduction d'un nouveau "love interest" qui vient remplacer la romance paisible et établie qui manquait apparemment de piment au goût des producteurs. Outre que le nouveau personnage est un amas de clichés, un peu trop jolie pour être vraie, trop maquillée et peu attachante, elle vient surtout remplacer un bien meilleur rôle féminin, et accessoirement le meilleur personnage de ces derniers films. Même l’actrice, Hayley Atwell, est loin d’avoir les épaules de Rebecca Ferguson.


A côté de ça, Simon Pegg est scandaleusement sous-exploité, car la nouvelle remplit son rôle de comique involontaire, et Luther a toujours semblé être un quota, donc il reste aussi monolithique et transparent qu'à l'accoutumée.


Le film est bizarrement rythmé et ne méritait certainement pas de durer 2h40. On se prend des douches d'exposition horriblement longues, avec, par exemple, un monologue interminable de méchant dans le train, tout ça pour le voir disparaitre dans les minutes suivantes. C'est un personnage qui ne représentait aucun thème pertinent, alors pourquoi lui faire déballer son sac pendant dix minutes si ça ne mène à rien ?


Côté action, les scènes de poursuites sont toujours aussi bien foutues, mais les chorégraphies souffrent du même défaut que les conversations, avec des scènes boursoufflées qui s'étirent au-delà du raisonnable et perdent parfois de leur intensité à force de ne pas savoir conclure. On se retrouve comme dans John Wick 4, un peu anesthésié, à décrocher occasionnellement une minute ou deux, sans pour autant louper grand-chose.


Dead Reckoning est un film qui a beaucoup trop de temps à sa disposition et en profite pour gâcher le nôtre. J'imagine sans peine un no-bullshit cut de 2h qui rectifierait ces problèmes de rythme, en coupant les longues scènes d'exposition à la Kojima, et en dégraissant un peu les course poursuites. Je suis assez inquiet pour le prochain et dernier épisode.

Ezhaac
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le 1 janv. 2024

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Ezhaac

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