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Mais que s’est-il passé avec Ethan Hunt ? Lui qui, depuis le début de la franchise, virevoltait de mission en mission, il se retrouve ici enlisé dans un pensum interminable et insipide.
Il ne s'agit plus dans cette dernière production de sauver un chef d'État, une équipe, une ville ou même une nation… non, cette fois, c’est l’humanité toute entière qu'il faut parvenir à préserver. Sacré défi et Ethan, toujours volontaire et obstiné, semble écrasé par l’enjeu. A vouloir embrasser si large, le film perd tout sens du rythme et de la mesure. Dès l’introduction, on est submergé par des dialogues explicatifs sans fin, des répétitions lassantes, des vérités prononcées dans un style pompeux qui ne sied vraiment pas à la franchise.
Il y a pourtant quelques bonnes idées. Celle par exemple de reprendre, pour les fans, quelques images des précédents films. Malheureusement l'initiative est gâchée par la volonté de nous faire croire que toutes les précédentes missions sont liées (elles le sont mais plutôt par l’appât du gain commercial enclenché par le succès de la série !). Autre bonne idée faire intervenir à nouveau Rebecca Ferguson dont la personnalité transcende l'écran tout comme dans Dune ou Silo. Et aussi bien sûr on peut saluer le choix des thématiques que le scénario porte comme la menace nucléaire, la désinformation ou la montée en puissance des I.A. Mais que tout cela est lourd et finalement dépassé (non, le président des Etats Unis n'est pas une femme noire, non, pas besoin d'une I.A pour proférer des contre-vérités, et non, la menace atomique n'est pas globale mais aux portes de l'Europe).
Que dire enfin des séquences à mon humble avis ratées ?
Prenons la scène où Ethan rencontre « l’Entité » dans un caisson. Entre les lumières clignotantes et les effets tape-à-l’œil, on frôle le grotesque. Et la partie qui se joue dans un sous-marin ? Un faux suspense étiré au-delà du raisonnable (ce tube lance missiles comme issue ? non, il est plein, raté ! ) et qui se termine sous les glaces dans une posture fœtale plus appropriée à Sandra Bullock dans Gravity (2013) qu'à Tom Cruise, alerte sexagénaire mais sexagénaire quand même.
Et les fameuses cascades ? Le réalisateur nous offre deux séquences aériennes mais sans souffle ni panache. Des acrobaties répétitives, mécaniques, loin — très loin — des morceaux de bravoure qui ont fait la légende de la saga : Par exemple le casse du Langley dans le premier, l’escalade du Burj Khalifa à Dubaï, la course-poursuite en moto dans Paris, ou encore le plongeon en apnée dans un bassin d’immersion.
La franchise a perdu ce qui faisait sa signature :
Cet humour discret, presque complice, qui surgissait au cœur des moments les plus tendus.
Ces plans machiavéliques toujours un peu bancals, où l’imprévu faisait partie du jeu et du plaisir du spectateur.
Ces masques de plus en plus crédibles, même si on savait pertinemment que l’acteur « remplacé » jouait toujours.
Ces gadgets, ces explosions, ces voitures improbables (Ah ! la petite Fiat électrique jaune) …
Et surtout, cet ancrage géographique, cette envie de voyager, de découvrir des lieux à couper le souffle.
Tout cela a disparu.
Hormis une course sur un pont londonien, l'action se déroule dans des hangars, des véhicules anonymes, des non-lieux sans charme ni âme.
Et le méchant ? Gabriel. Un antagoniste au physique évoquant pour moi Laurent Wauquiez… mais hélas, totalement sous-exploité, jusqu'à frôler le ridicule dans ses dernières apparitions.
Verdict ?
Un épisode sans la patte et la magie qui faisait le sel de Mission : Impossible.
Un film qui vise l’universel… et qui suscite au mieux de l’indifférence et au pire de l'agacement.
Créée
le 25 mai 2025
Modifiée
le 25 mai 2025
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