Mélange de James Bond et d’Indiana Jones, Mister Dynamite semble jouir d’une certaine popularité auprès des fans de Jackie Chan, alors qu’il est loin d’être inoubliable selon moi. Je ne m’attarderai pas sur son scénario, très simpliste et sur lequel encore moins d’effort a été apporté que sur les autres productions de l’acteur que j’ai pu découvrir. Car le véritable intérêt d’un film produit, réalisé et interprété par Jackie Chan réside exclusivement dans ses cascades et ses bastons. Malheureusement, dès la séquence d’ouverture au cours de laquelle le héros dérobe une épée légendaire à une tribu autochtone, Mister Dynamite sent le cinéma bis à plein nez.
Il y a d’abord la représentation du « sauvage », embarrassante si on se refuse de la mettre sur le compte de l’humour bouffon dont semble être friand Jackie Chan. Ensuite, il y a la qualité de l’action : confuse, quasi illisible, elle est très loin de ce à quoi l’acteur m’a habitué sur les deux premiers Police Story. La réalisation, mais surtout le montage, qui confond dynamisme et hystérie, ne rendent absolument pas justice aux performances physiques de la star. Il faudra d’ailleurs patienter jusqu’à la séquence finale dans le repère des méchants moines pour enfin voir des combats formellement dignes de leurs noms, même si le duel opposant Jackie aux quatre Amazones réserve encore son lot de ponctuations comiques grivoises. Avant cela, il faut supporter les nombreuses blagues potaches lourdingues, ainsi qu’une interminable scène vaudevillesque dans un hôtel. Quant à la poursuite en voiture en milieu de film, pourtant coordonnée par le légendaire Remy Julienne, elle présente peu d’intérêt.
Je m’interroge tout de même sur cet énorme gap technique entre cette lamentable séquence d’ouverture et cet enthousiasmant final. Peut-être est-ce dû au changement de réalisateur. En effet, Jackie Chan ayant été hospitalisé suite à une grave fracture au crâne, le tournage du film dû être stoppé, avant de reprendre quelques semaines plus tard. Le réalisateur initial, Eric Tsang, n’étant alors plus disponible, c’est l’acteur, déjà rompu à l’exercice de la réalisation, qui reprit la direction du long métrage.
Bref, Mister Dynamite est loin, très loin d’être mémorable.
Je tiens à préciser que j’ai découvert le film dans son montage original. Il en existe une version dite « française », plus courte de quinze minutes, également disponible sur le Blu-ray édité par HK Vidéo.
Enfin, pour l'anecdote, dans un accès de folie marketing, la société Miramax Films, détenteur en 1998 des droits de distribution en vidéo de Mister Dynamite, exploita ce dernier sur le marché américain sous le titre Opération Condor 2, alors qu’il se situe chronologiquement avant Opération Condor. Et pour ne rien gâcher, une nouvelle partition fut composée par Michael Wandmacher en lieu et place de l’originale de Michael Lai et Tang Siu Lam.