Premier film vraiment parlant japonais (Pays natal de Mizoguchi un an plus tôt était hybride), petit film de 56 minutes est une rafraichissante comédie dont le principal défaut est d'être assez mal écrit comme si on avait compilé 3 court-métrages. Le début est ainsi un sketch de 10 minutes où l'écrivain se chamaille avec un peintre travaillant sur la route. On pourrait supprimer cette scène que ça ne changerait absolument rien au film d'autant que le peintre disparait du récit par la suite. Il en va presque de même avec l'épilogue, réussi en tant que tel, mais un peu déconnecté du reste du film par son atmosphère.
Après ce n'est pas non plus fondamentalement grave dans le sens où ces différentes scènes fonctionnent plutôt bien indépendamment, surtout celle où l'écrivain n'arrive pas à trouver l'inspiration face à des bruits de souris qu'il essaie de faire fuir en imitant un chat... ce qui fera miauler un vrai chat.
Ça montre un usage plutôt réfléchi des possibilité sonores puisque la plupart de ses éléments perturbateurs sont hors champ et permettent d'introduire des chansons jazzy sans être trop artificiel. Les situations ne sont pas follement originales mais l'humour fonctionne grâce aux potentiels sympathies de ses comédiens : Atsushi Watanabe qui rechigne à se mettre devant son bureau avant de s'énerver pour un rien et une jeune Kinuyo Tanaka qui s'agace de sa procrastination (et qui savait déjà se montrer plus fragile et émouvante).
S'il n'avait pas eu son statut historique, je ne sais pas si Mon épouse et la voisine aurait vraiment marqué les esprits. En l'état, ça reste une charmante petite comédie avec des chansons entraînantes. Par contre, avec la dernière séquence, on devine un cinéaste avec plus de caractère dont l'humour devient d'un coup plus satirique, mélancolique et lucide sur les mutations en train de s'établir au Japon. Ca donne vraiment envie de mieux connaître la suite de sa carrière d'autant que 4-5 films que j'ai vu de lui ne manquent pas de qualité (à part le Fusil).