À la ville comme à l’écran, le couple Charlotte Gainsbourg/Yvan Attal, font leur retour dans Mon Chien Stupide dans les rôles du couple Mohen.
Synopsis :
Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer.
Une histoire vieille de vingt ans
Au départ, Mon chien stupide est tiré du livre du même nom de John Fante paru en 1985. A l’époque Claude Berri s’était pencher sur cette oeuvre pour l’adapter vingt ans plus aux Etats-Unis. Mais cela n’a pas pu être concrétisé car le cinéaste français ne parlait pas suffisamment bien l’anglais. Il a donc décidé de proposer à Yvan Attal de prendre le relais, mais celui-ci n’était emballé par l’idée à l’époque. Heureusement le temps en a décidé autrement, puisque vingt ans plus tard on retrouve le même Yvan Attal derrière et devant la caméra pour Mon Chien Stupide. Le cinéaste français s’est replongé dans l’histoire pour poursuivre l’étude du couple à la ville comme à l’écran avec Charlotte Gainsbourg. Un choix qu’il voit comme une mise en abyme du duo.
Crise de couple, épisode 3
Après Ma femme est une actrice et Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, Yvan Attal termine la trilogie consacré au 20 ans de vie commune entre lui et sa femme Charlotte Gainsbourg avec Mon Chien Stupide. L’espace entre la vie privée du couple et la vie publique cinématographique n’est plus distinguée. Il déclare : “Je sais bien qu’en interprétant ce couple marié depuis 25 ans avec plein d’enfants, nous jouons, avec notre passé cinématographique, avec ce que les spectateurs ont lu dans la presse people, ce qu’ils croient savoir.” Désormais, les projets à teneur autobiographique sont donc assumés même si toutefois, Yvan Attal a décidé de rajouter un semblant de fiction pour faire conjuguer la réalité avec la fiction.
En voulant faire cette trilogie, Yvan Attal se perd dans ce qu’il raconte. Le film manque cruellement de profondeur dans l’analyse du couple Attal/Gainsbourg. En effet, l’une des meilleures scènes du duo semble être du laisser aller. On ne sait pas si la situation reflète plus du personnel que du superficiel.
Une incorrection assouplie
Dans l’oeuvre d’origine, l’auteur John Fante ne mâchait pas ses mots et avait une aigreur omniprésente pour ses personnages. On s’attend donc à retrouver cette atmosphère dans le film. Malheureusement, on en est bien loin. Henri (le personnage principal) décrit comme un personnage paresseux, arrogant et égocentrique est seulement insupportable avec ses enfants. Il décide parce qu’il est en pleine crise de la cinquantaine de mettre sur le dos de ses enfants. Il envisage même de les éliminer les uns après les autres de sa maison, pour vivre sa vie tranquille. Cette écrivain de 55 ans est au bord de la rupture et on comprend à ce moment que le film va perdre en qualité car il va dépeindre tout ce qu’il y a de plus clichés : il vit sur la côte basque, il roule en porsche, n’a pas écrit de roman depuis un roman et cela ne dérange à aucun moment sa maison d’édition. (Rien de plus normal)
Au final, l’expérience personnelle de Yvan Attal est de trop. On aurait aimer voir plus de libertés et plus de piquant dans la réalisation ou dans les dialogues. Petit conseil, si vous voyez un matin de Naples dans votre jardin, il ne faudra surtout pas le récupérer.