À la fois charmant et un peu agaçant, « Mon crime » est un joli hommage de François Ozon aux années 30 (et en particulier le cinéma de l'époque), offrant une reconstitution très soignée et particulièrement réussie, offrant ainsi un plaisir visuel certain durant une bonne partie du film. Le scénario, inspiré d'une pièce de l'époque, offre quelques situations amusantes et soigne les dialogues, à défaut d'une réelle densité ou d'un suspense plus soutenu.
Car l'intrigue policière n'est clairement pas ce qui intéresse le plus le réalisateur, et cela se ressent sur notre intérêt. Tout cela reste bien léger, frivole... Alors, certes : c'était un peu le but ! Mais je ne pense pas que l'ami François cherchait non plus à nous agacer, ce qui est parfois un peu le cas, y compris à travers notre intérêt très inégal pour les seconds rôles, au-delà d'un casting imposant et se reposant un peu trop sur ce qu'il sait faire (à l'image d'un Fabrice Luchini plus Louis Jouvet que jamais).
Impression mitigée, donc : d'un côté, le plaisir d'avoir vu un spectable à l'ancienne plutôt amusant et fait avec grande application. De l'autre, un manque de rigueur dans l'intrigue principale où les numéros d'acteurs (plutôt attendus, donc), viennent, les uns après les autres, prendre un peu trop de place. N'empêche : on adore imaginer ce qu'une Danielle Darrieux aurait pu offrir dans un des deux rôles principaux si « Mon crime » avait été tourné 80 ans plus tôt...