François Ozon est un réalisateur prolifique, au talent papillonnant vers le drame ou la comédie et d'une prédisposition pour l'adaptation théâtrale tendance boulevardière.
Ce qu'il aime, on le sent bien, c'est insuffler dans des canevas convenus, de la modernité, de l'insolence, de l'actualité même si in fine l'anachronisme ne lui fait pas peur.
Il pratique un cinéma d'auteur estampillé d'une néo qualité française raffinée.
Sans atteindre le génie d'un Lubitsch ou d'un Capra, on est bien là dans un pétillant vaudeville qui rappelle surtout le Sacha Guitry des années trente et, par le rythme endiablé, la screwball comedy américaine.
Il utilise une pièce de théâtre vieillissante écrite en 1934 par le prolifique auteur Louis Verneuil comme prétexte à parler de la condition féminine de l'époque et son rapport avec le monde masculin qui l'invisibilisait totalement.
Le cinéaste donne l'impression d'un enfant qui disposerait de tous les jouets d'un grand magasin pour assouvir sa passion des fastueux costumes, des décors d'antan, d'un casting de rêve au service d'une mise en scène pétillante comme des bulles de champagne.
La façon très habile qu'il a de passer d'une atmosphère l'autre, de l'ambiance de la triste chambre de bonne (on pense à René Clair ou Marcel Carné) à l'opulence Art-Déco d'un palace parisien (Marcel L'Herbier dans sa période muette) font des étincelles.
Certes, cette esthétique de la sophistication occulte beaucoup l'intrigue et les allusions sociologiques à notre monde contemporain mais la ferveur naïve qu'il déploie pour faire croire à cette histoire plonge le spectateur dans un havre de félicité.