Une séquence dans Mon Oncle d'Amérique le résume peut-être : un arbre de brique, d'une échelle à une autre, d'une vue large à vue rapprochée. Il faut voir les briques, il faut voir les petits morceaux qui composent le plus grand. Cela, sans oublier chacune des échelles traversées.
"L'humain est une mémoire qui agit."
Il faut se méfier de ce qui constitue réellement notre personnalité, notre identité, en tant que surface de l'inconscient : elle est fondée sur des systèmes de symboles, de représentations, individuels et sociaux, dont certains inculqués depuis la naissance, dont certains dureront toute notre vie.
Face à une situation où il est nécessaire de réagir, ces systèmes, ces façons dont nous fonctionnons, se mettent en branle, subitement : il faut agir, sinon l'agir s'imposera à nous.
Sans agir, on agit sur son propre corps, par la somatisation, la dépression. Sans agir, on peut se retrouver à détruire. Soi, ou l'autre. Par le vide d'action, par la violence.
Il faut savoir penser, ressentir, agir. Se reposer sur l'un ou l'autre, si l'un ou l'autre vient à manquer.
Toujours comprendre, construire et reconstruire les systèmes de symboles, les langages en nous qui nous permettent d'agir.
À toute situation : comment agir de la façon la plus constructive et saine ? Ne rien faire, c'est risquer de rentrer dans une boucle infernale, de repli sur soi.
Ce qu'il faut : apprendre à agir, et surtout, se préparer à devoir se voir agir. Et que le lit sur lequel le fleuve de notre action se glissera soit le bon.