L’une des choses les plus délicates à écrire lorsqu’on parle de cinéma est sans doute le dessin animé. Car il ne s’agit pas d’un simple divertissement, mais bien d’un art à part entière, avec ses codes, sa poésie et sa profondeur propres.
Le Japon, en particulier, regorge de trésors de l’animation. On pense bien sûr à Hayao Miyazaki et au Studio Ghibli, mais aussi à des créateurs comme Rintaro, Satoshi Kon, et tant d’autres qui ont su élever l’anime au rang de véritable langage cinématographique.
Il y a peu, j’ai découvert Mon Oni à moi sur Netflix, une œuvre d’une grande délicatesse. Le film raconte avant tout une rencontre : celle d’un jeune étudiant incapable de communiquer avec son père, et celle d’une jeune fille égarée dans sa propre ville, à la recherche de sa mère. Cette dernière n’est pas une enfant comme les autres : c’est un démon, issue d’un village secret niché dans les nuages.
Ensemble, ils s’engagent dans un voyage semé de dangers, mais aussi de révélations. L’une des grandes forces de l’animation japonaise réside dans son sens du sous-texte. Ici, le récit aborde avec pudeur la difficulté des adolescents à se confier à leurs pères, à mettre des mots sur leurs blessures et leurs silences.
L’animation est somptueuse, portée par une émotion constante et sincère. Mon Oni à moi s’impose ainsi comme un véritable joyau de l’animation japonaise, touchant et profondément humain.