Mon père avait raison, ou les enseignements et conseils prodigués de père en fils sur la vie, les femmes, le mariage...Ce n'est sans doute pas la meilleure pièce de Sacha Guitry ni même son meilleur théatre filmé (et d'ailleurs, sur un plan technique, les comédiens sont mal sonorisés lorsqu'ils parlent de dos ou hors champ).
A travers un sujet des plus simples, dénué de ressorts comiques ou complexité dramatique, l'auteur énonce volontiers quelques formules et aphorismes misogynes...mais tellement spirituels. Et le ton n'est pas sans amertume parfois, voire désenchantement, car le sieur Charles Bellanger (Sacha Guitry), quitté par sa femme pour un amant quelconque y tient des propos, lorsque l'épouse prétend reprendre sa place après vingt ans d'absence (courte et subalterne péripétie) assez discourtois et vindicatifs à l'endroit de la fautive. Car, il va de soi que les femmes sont menteuses et infidèles par nature...Ce qui n'empêche pas l'auteur, comme souvent, de finir par un éloge de l'amour.
Dans cette comédie, où de façon inattendue, Guitry fait jouer à Jacqueline Delubac -son épouse à la ville- le rôle épisodique de la maitresse de son fils, on mesure certaines faiblesses du sujet dans le peu de personnalité dont font preuve les interlocuteurs du personnage principal. En définitive, c'est le premier acte de la pièce et la conversation avec Bellanger père -le comédien Gaston Dubosc qui, né en 1861 tout de même, a l'âge du rôle- qui donne le plus de sens et de fantaisie au sujet.