Ne vous faites pas avoir : cette comédie n'a aucun rapport avec la trilogie Mon Beau-père et Moi, les distributeurs français (qui ont renommé About My Father, son vrai titre) ont tenté ce coup de bluff pour arnaquer le pauvre spectateur qui sera pris dans une comédie au-delà du navet désespérant. Voir Robert De Niro se ridiculiser ainsi, à singer ses personnages italiens du passé, à être constamment en surjeu caricatural (comme s'il avait conscience de son propre ridicule), est à la fois un véritable crève-cœur pour tout spectateur qui l'a apprécié autrefois, et à la fois un aveu permanent qu'il est fauché comme les blés (et accepte vraiment n'importe quoi comme projet). Si vous tentez l'expérience d'aller voir Mon Père et moi, vous serez comme le paon sur l'affiche : vous ne saurez pas ce que vous fichez là. Tandis que le volatile présent sur l'affiche est un mystère (il passe en coup de vent dans l'histoire, et ne sert pas de gag...) - ou bien l’œuvre d'un designer qui ne s'est pas infligé le visionnage du film -, vous vous retrouverez devant des longs clichés sur les habitants de Little Italia (États-Unis), sur une famille de riches qui est insupportable (idem : un conglomérat de clichés, entre l'écolo-yoga-quinoa, les parents qui sont uniquement là pour dire que "l'argent ne fait pas le bonheur"...), des gags très mauvais (déguiser De Niro en drapeau américain, déguiser Sebastian Maniscalco en sapin de Noël ou lui enlever son short pour qu'on voit la Lune, passer dix secondes sur le fait que "les draps du lit sont roses"... On vous la fait courte : aucun gag ne fonctionne) et un néant de mise en scène (on ne l'attendait pas, en même temps). Mon Père et moi est un gouffre de ridiculisation générale, sans que ce ne soit jamais drôle (pas même pour les acteurs, De Niro a l'air désespéré), dont la fin mièvre nous achève. Infernal.