Eblouissant ce film israélien qui éclate en un coup de massue des tabous qui l’auréole d’une certaine crudité et violence symbolique autour d’une mère prostituée malade et sa fille lycéenne, semblent-elles piégées dans un sort que rien ne peut conjurer.
Des plans fixes à tout bout de champ laissent aux personnages des va-et-vient qui n’augurent aucune percée vers un futur radieux mais plutôt vers un statisme inquiétant et ce, malgré l’énergie de Or, qui met beaucoup du sien pour espérer une situation normale et éviter à sa mère un travail déshonorant.
Il y a beaucoup de colère qui sommeille dans le calme apparent des images non chargées d’une bande son, beaucoup de saleté qui s’introduit dans les plans de Or qui en arrive à suivre le même chemin que sa mère pour survivre et ça on le supporte difficilement. On étouffe, l’étau se resserre et la pousse à abréger son adolescence. Le plan final sur son regard souligné par ses sourcils épais nous laisse sur le carreau, seule la musique diégétique se poursuit un instant sur le générique de fin.
Ronit Elkabetz et Dana Igvy sont tout simplement impressionnantes, elles se mettent constamment en danger dans cette peinture pas commode d’un quotidien à Tel-Aviv brossée par une réalisation limpide et brute.
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