Pas loin du degré zéro du cinéma d'action américain. Sous prétexte de faire le spectacle -et l'action au cœur du métro est indéniablement spectaculaire- les auteurs du film s'en remettent à des artifices affligeants de bêtise et de trivialité. Joseph Ruben, metteur en scène commis d'office, réalise une variation sur un scénario tout action que, croit-il, le décor plus ou moins singulier du métro newyorkais rend originale. S'en suit toute une série de péripéties violentes mises bout à bout sans grand souci de cohésion.
Les héros du film sont deux flics du métro composés sur le modèle initié par Nick Nolte et Eddie Murphy dans "48 heures" et "48 heures de plus", un blanc et un noir donc, dont les ennemis sont, dans l'ordre d'apparition, de jeunes pickpockets, un psychopathe particulièrement dérangé et un directeur de métro inexplicablement fachiste et insultant, obsédé par les recettes du jour que convoie son "métro dollars". Autant de caricatures stupides et de faire-valoir du superflic de cinéma.
Entre deux scènes d'action, John et Charlie, manifestement plus cascadeurs que flics, se renvoient inlassablement les insultes les plus grossières avec la caution d'un humour néanmoins indigeste.
Le plus pénible est encore ce moralisme complaisant qui fait de John et Charlie, bêtes, vulgaires et violents, des quasi-policiers exemplaires parce qu'ils s'épanchent sur le sort d'un jeune voleur, parce qu'ils sauvent les femmes et les enfants et parce qu'ils méprisent l'argent. Le cinéma américain, comme souvent, se donne bonne conscience avec une éthique douteuse.