Alors, aujourd’hui je vais vous parler du film Monsieur Flynn, réalisé par Paul Weitz en 2012. C’est un drame inspiré d’une histoire vraie, centré sur la relation entre un fils — un jeune écrivain un peu paumé — et son père absent, marginal, incarné par Robert De Niro.
Franchement, le film avait de quoi me parler. Le thème est fort : la filiation, la reconstruction personnelle, les blessures qu’on hérite parfois sans l’avoir choisi. Et on sent que le réalisateur a voulu aborder tout ça avec sincérité, sans tomber dans le mélodrame ou le sensationnalisme. C’est plutôt réussi sur ce plan-là. Le film reste digne, humain, et ça, c’est une vraie qualité.
Mais voilà, malgré tout ça, je n’ai pas été pleinement convaincu. Il y a un vrai potentiel dans cette histoire, mais je trouve qu’il est sous-exploité. Le film reste trop sage, trop retenu. Il nous tient à distance là où il aurait pu nous impliquer, nous émouvoir davantage.
Côté casting, Robert De Niro fait le job, parfois très juste, mais parfois aussi un peu en roue libre. Son personnage aurait gagné à être plus nuancé. Paul Dano, lui, est touchant, mais son rôle est un peu trop effacé. Et surtout, je trouve que le lien entre les deux n’arrive jamais à créer de vraie tension dramatique. On nous parle d’une relation père-fils complexe, mais à l’écran, cette complexité manque de relief.
Et puis il y a la narration. Le film saute pas mal dans le temps, avec des flashbacks, des ellipses, une structure un peu éclatée. L’idée, je suppose, c’est de refléter le chaos intérieur du personnage principal, mais au final, ça rend le récit confus. On perd un peu le fil, et du coup, on perd aussi une partie de l’émotion.
Alors oui, Monsieur Flynn est un film honnête, respectueux, parfois touchant. Il ne triche pas, il ne tombe jamais dans le pathos. Mais justement, il reste trop en retrait. Il manque de souffle, de prises de risque. C’est un film qu’on regarde avec intérêt, mais qu’on oublie assez vite.
En résumé : j’ai mis 5 sur 10. Pas un mauvais film, loin de là, mais une œuvre qui, à mon sens, passe à côté de ce qu’elle aurait pu être. Sincère, mais inaboutie.