Rien que le casting composé d'abonnés de séries B musclées nous annonçait à quel genre de films on aurait affaire, la nuance étant de savoir si on tomberait dans le nanard ou le divertissement sympathique. Personnellement je penche pour la deuxième option, il faut dire que je suis bon public quant aux délires extravagants mais toujours cinématographiquement émoustillants de Paul W. S. Anderson. Il adapte encore un jeu vidéo dont l'univers fabuleux et effrayant à la fois lui permet de jouer sur les deux tableaux. Côté background ça reste malheureusement très pauvre, pas une seule petite bourgade qui aurait donné du relief à cet univers désertique. Tout le budget est passé dans la cgi afin de donner vie au bestiaire numérique, même les costumes et accessoires en carton paraissent bien trop factices (sans parler des fautes de goût capillaires du look 80's de Ron Perlman et de son brushing de blondasse peroxydée d'anthologie).
L'introduction sous forme de survival horrifique "arachnide" (faisant terriblement penser à la séquence où Frodon se retrouve dans l'antre de la bête) fonctionne redoutablement bien en jouant sur les rapports de force démesurées et les sensations de dangers omniprésents. On enchaîne ensuite avec une partie bien plus mollassonne autour de l'apprivoisement de l'héroïne et du chasseur naufragé traité de façon terriblement balourde, le jeu d'acteur limité de Tony Jaa n'aidant pas à l'affaire. Ce déséquilibre dans la structure du film accouche d'une dernière partie rushée où Anderson fait péter le feu d'artifices quitte à rogner sur la cohérence des rapports de force qu'il s'était donné du mal à échaffauder. En somme de l'entertainment estampillé "Paul W.S. Anderson" qui oscille entre horrifique et fantastique dans un film de monstres kitsch et mal proportionné mais qui a le mérite de proposer un spectacle généreux et extravagant qui se démarque en cela des blockbusters standards.