Il est rare, il est très rare que je m'énerve devant un film, cela est arrivé à uniquement 2 occasions : Old et Star Wars IX. Si le dernier volet de la saga culte m'avait énervé pour des raisons assez évidentes, Old, lui, m'avait énervé car il pensait terminer la 5ème symphonie de Beethoven alors qu'il bégaye en récitant "À la volette". Moonlight, c'est pareil. Je le trouve parfaitement exécrable, il vient ramasser tous les clichés possible et vient manger à tous les râteliers et ne vous méprenez pas, il n'est ni fait pour dénoncer la violence des quartiers ni pour témoigner du poids que peut être l'homosexualité, il est là pour dire au spectateur : "Allez pleure. Stp pleure", mais aussi pour réconforter l'honnête travailleur ou bien le PDG occidental dans son quotidien. "Oh regarde comme t'as de la chance, toi qui a une voiture, toi qui a un toit, toi qui a une femme aimante et un fils qui même si c'est pas facile tous les jours a un avenir devant lui, regarde comme tu as de la chance".
Barry Jenkins incarne ici quelqu'un qu'on pourrait qualifier de "Bon noir", tant il est compatissant avec le Blanc Américain. Jamais il ne va mettre en question le système, jamais il n'y aura de réflexion sur l'environnement, on navigue à travers un film lent, parce qu'il faut bien que ce soit lent après tout c'est un film d'AU-TEUR à travers tous les clichés possibles : la drogue, la prostitution, l'abandon, l'homosexualité, car après tout faut bien qu'il cumule sinon le spectateur ne sera pas assez larmoyé.
Il est d'un pathos horrible, il est convenu, il ne dénonce rien, il parle d'un sujet grave oui, mais il n'inquiète pas, ça aurait pu être un sketch du Palmashow, malheureusement ce film existe réellement et le pire c'est qu'il a marché. Il a reçu un oscar qui a fait quelque peu polémique après un petit moment de confusion, il a reçu également des notes dithyrambiques par la presse mais aussi les spectateurs, personnellement j'étais bien content de ne pas être asthmatique, car j'ai soufflé, soufflé et encore soufflé.
S'il faut bien donner une qualité au film ce serait Mahershala Ali, parce que il délivre toujours une performance exceptionnelle, autrement y a pas grand chose à en tirer, on est vraiment sur le bingo du film d'auteur dramatique. Vous voyez quelqu'un qui ne connait pas du tout le cinéma ? Si il doit décrire un film d'auteur dramatique récompensé ? Ben ce serait ça.
Vous l'aurez comprit, j'ai beaucoup d'aversion, il m'a révolté mais pas pour les raisons attendues, peut être que vous ne trouverez pas ça constructif, je m'en fiche le film ne l'est pas bien plus, mais c'est aussi comme ça, en regardant des films auquel l'on sera hermétique que l'on construit sa cinéphilie.