Parfois, on se décide à regarder un film. Et puis, quand le générique de fin arrive, on se sent un peu stupide. Stupide d'avoir attendu si longtemps.
J'avais entendu parler de ce bijou du cinéma suédois à de nombreuses reprises. Aussi, je m'attendais à un film de vampires (tout le monde en a parlé à l'époque comme d'un film de vampires)
Mais personnellement ce n'est pas ce que j'ai vu. Enfin, pas complètement. Dire que Morse est un film de vampires, cela revient à dire que La forme de l'eau est un film de monstre. Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas complètement vrai non plus. Et j'avoue qu'en voyant le titre original du film et sa traduction française en "Morse" j'étais plutôt perplexe. Quelle ne fut pas ma surprise, de finalement trouver cette traduction géniale, et de vivre une vraie expérience cinématographique. Morse est bien plus qu'un film de vampire, c'est un poème.
Dès les 5 premières minutes, la beauté de la photographie vous saute au visage.
Mettre en scène des vampires avec un budget de 4 millions de dollars est une idée audacieuse (à titre de comparaison, le premier volet de Twilight sorti la même année a coûté 37 millions de dollars) et pour réussir, il faut être malin. Tomas Alfredson l'est assurément. Peu d'effets spéciaux criards, mais des attaques filmées de loin ou vues de dessus, laissant la part belle à cette banlieue de Stockholm, à la fois paisible et lugubre.
Il y a une différence entre un film qui divertit, et un film qui parle. Morse me parle, et de plein de choses. Tout d'abord de la solitude, à travers le personnage d'Oskar, qui n'a que très peu d'interactions sociales, et est souvent isolé dans le cadre. Quand même la mise en scène et les mouvements de caméra évoquent un sentiment, le génie n'est pas loin .Et puis dans la nuit noire, la solitude d'Oskar rencontre celle d'Eli.
(Guillermo del Toro aime ce film et je n'ai pas mis longtemps à comprendre pourquoi)
Le vampirisme n'est qu'un grain de sable dans ce récit romantique.
Le film parle en réalité d'amour : Cet amour qui nous rend plus fort ( sa rencontre avec Eli donne à Oskar la force de s'imposer), cet amour dont on accepte les défauts (la vraie nature d'Eli ne fait pas fuir Oskar, bien au contraire), et de ces cloisons qui tombent quand nous trouvons enfin cette personne, cet élu qui parle le même langage et qui semble être le seul à pouvoir nous comprendre.
Même si le film n'échappe pas aux travers habituels du film d'auteur (manque de rythme et longueurs), Morse nous prouve qu'encore une fois, en matière d'amour, rien ne s'explique, tout se ressent.