Mort d'un pourri par Incertitudes
Mort d'un pourri est l'adaptation du roman de Jean Laborde alias Raf Vallet, le second adapté par Lautner après Le Pacha en 1968. Il retrouve, par la même occasion, son complice Michel Audiard 10 ans après ce même Pacha.
Ici, il abandonne le film policier parodique comme Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes ou Ne nous fâchons pas pour se consacrer au polar noir et dénué d'humour. Le film est produit par Alain Delon le magnifique, grande star de l'époque. Il faut le voir sortir d'un gros carambolage toujours bien coiffé et le costard impeccable.
Pour le reste, le film reste assez crédible et édifiant. Un député en tue un autre qui consignait dans un cahier les pots-de-vins donnés aux hommes politiques corrompus. A partir de là, le premier demandera de l'aide à un vieil ami qui sera pris dans l'engrenage. Le tout est assez pessimiste et désabusé. Le titre est bien trouvé et on pourrait même jusqu'à aller à qualifier de pourri tous les hommes politiques mais aussi les flics et les industriels car corrompus jusqu'à l'os.
Les dialogues de Audiard ne sont plus comme ceux de ses films des années 60. Ayant perdu un fils dans un accident de voiture deux ans plus tôt, ils sont plus cyniques et désenchantés. Petit florilège : "Certains élus du peuple vont connaître une petite traversée du désert, au pas de course, rassure-toi. Quand ils reviendront, ils se seront fait le masque républicain, comme les vieilles putes se font retendre les fesses", "Objectivement est une locution foireuse dont je n'ai que foutre", "Attends ! Tiens écoute, on sonne à la porte. Je te rappelle - Ne raccroche pas ! Si j'entends des coups de feu, je ne mettrai qu'un couvert".
Une collaboration Lautner-Audiard intéressante qui dépeint bien le climat politique de l'époque. Giscard est au pouvoir depuis 2-3 ans. Un peu dur à suivre mais toujours plaisant à voir pour les dialogues, la noirceur, les seconds rôles dont un grand nombre sont morts et surtout Alain Delon.