Ce reboot s’avère finalement moins nanardesque que ce que les critiques laissaient présager. Malgré ses défauts, le film reste globalement regardable grâce à une structure narrative classique mais efficace. Les personnages secondaires ont de la présence, et certaines idées dans les chorégraphies de combat offrent quelques moments jouissifs et badass. Le comic relief très appuyé, porté par le personnage de Kano, remplit néanmoins son rôle en apportant une énergie bienvenue.
Le principal point faible du film réside dans son protagoniste : trop lisse et peu charismatique, il peine à endosser son statut de « grand élu de la prophétie cosmique ». La mise en scène souffre également d’un manque de souffle : si quelques idées visuelles fonctionnent, l’ensemble n’a pas la générosité ni l’ampleur escomptées pour réellement sublimer les combats et atteindre une dimension épique digne d’un vrai film d’arts martiaux. Mais la plus grande frustration reste l’absence du fameux tournoi pourtant teasé tout au long du film, privant le récit d’un cadre structurant qui aurait pu rendre les affrontements entre personnages plus stimulants, tout en renforçant l’intensité dramatique et la lisibilité des enjeux.